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258                DEUX MOIS EN ESPAGNE

mais la chaleur augmente tous les jours, et je dois partir si
je ne veux pas la trouver intolérable en Andalousie.



                      CHAPITRE IV

           DE VALENCE A GRENADE; LA CASTILLE


    Les environs de Valence ne sont qu'une suite de jardins
 potagers, dans une terre des plus fertiles; les eaux y brillent
 de tous côtés, grâce aux travaux des Maures passés maîtres
 en irrigations. Des rizières à demi-submergées, des mûriers
 taillés en gobelets, des orangers, donnent aux deux côtés de
 la voie ferrée un air de jardin anglais; « à Jaliva, ancienne
forteresse arabe, au pied de la montagne, le paysage de-
vient tout-à-fait africain, et vous longez de vastes massifs
 de palmiers qui dominent à une grande hauteur de petites
maisons aux teintes diaphanes. Mais nous voici dans la ré-
gion des cailloux, et comme à la Crau en Provence, on ne
voit plus que de petits moutons qui les retournent pour
arracher la mousse qui en tapisse le dessous. En quittant
 cette triste région, on se trouve dans les plaines de Cas-
tille, sans végétation, sans arbres, où l'œil cherche inu-
tilement un point digne d'attention, et où il ne découvre
que quelques gros villages très clairs semés, que signalent
leurs campaniles. Quelques taches noires salissent ces
plaines d'amadou ; les plus larges sont des troupeaux de
boeufs ou de cochons, les petites des attelages de toutes
minimes charrues, ou quelques cavaliers dont les vestes de
velours sont ornées de boutons en grelots et de parements
rouges; si vous traversez quelque route dont la poussière
est aussi blanche que la cendre du Vésuve, vous apercevez