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CHRONIQUE THEATRALE 229
citoyens, mais indiscutable au point de vue de la caisse. Et
malheureusement, par le temps qui court, c'est une consi-
dération qui doit être de quelque poids pour un directeur
de théâtre, surtout pour M. Marck, qui commençait à tort
à désespérer de lui-même, mais avec raison des aspirations
artistiques de nos compatriotes.
Les Mystères de Paris, qu'on vient de servir en pâture Ã
quelques-uns, à beaucoup même, en sont la preuve. Mé-
chante pièce à coup sûr, et s'il en fut jamais! taillée sans
goût et sans respect de l'œuvre du maître; mais le peuple
est accouru en foule, et cela suffit, explique et légitime
tout. Il n'y a rien de brutal comme un fait, et le succès ne
se discute pas. Il faut bien dire cependant, pour être juste,
et à la décharge de ce dernier, que beaucoup ont eu moins
à apprendre qu'à se souvenir à la représentation de ce
drame : car quel est celui qui n'a pas lu et retenu les prin-
cipales scènes du roman interminable d'Eugène Sue, mais
M. Dinaux est sans excuse et coupable au premier chef. Il
est toujours permis d'écrire une mauvaise pièce, mais per-
sonne n'a le droit de couper au génie ou au talent ses ailes
avec des ciseaux, et quels ciseaux, grands dieux ! de faire
enfin d'une œuvre remarquable, vieillie peut-être, mais qui
a enthousiasmé la jeunesse d'il y a 30 ans, une oeuvre
inepte, plate, sotte et sans valeur.
Soyez plutôt maçon si c'est votre talent
Qu'écrivain du commun et poète vulgaire....
dans l'art dangereux à 'imiter et d'écrire,
Il n'est point de degrés du médiocre au pire.
Voilà qui est clair, et que tout le monde comprend,
excepté ceux à qui ce sage avis s'adresse. Nous mettons au
défi ceux qui ne connaissent pas le roman, de comprendre
un traître mot à la pièce. Les livrets du Trouvère et de Ko-