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PETITE CHRONIQUE LYONNAISE. 199
Septembre. — Il paraît depuis peu une gravure représentant
Camille, dictateur romain, et Camille Perrichon, prévôt des mar-
chands, assez ressemblant, et qui lui a été présentée par Bolley,
maître d'école. Elle coûte 24 sous.
1740.
20 avril. — On finit la réparation à la pyramide triangulaire
de la place des Jacobins. Elle coûte 12 mille livres. Cette place,
autrefois fermée de murailles, fut rendue publique sous Fran-
çois 1er. Le Consulat fit alors élever cette pyramide qui, en 1609,
fut consacrée à la sainte Trinité.
Août. — On fait un nouveau plan de la ville.
1741.
14 novembre. — Mort de M. de Tournes, libraire calviniste
de Genève. 11 était de l'ancienne famille des de Tournes, ancien-
nement établie à Lyon, et catholique.
Il avait eu la permission de vendre à Lyon, en ne débitant rien
sur la religion.
22 novembre. — Arrivée à Lyon de l'ambassadeur turc,
Méhémet-Pacha Beglerbey de Romélie. 11 loge au Parc. Il entend
et parle un peu le français. Il a 42 ans. Le bruit populaire est
qu'il descend d'un renégat français; quelques-uns prétendent
même qu'il descend du fameux assassin l'abbé de Ganges,
qui se réfugia à Constantinople. On a gravé son portrait. On le
mène au bal de l'Opéra. Il était si étonné, dit-il, de voir tant
de liberté dans ces sortes de fêtes, tant de la part des hommes
que des femmes, qu'il fallait être de vrais saints ou eunuques
pour ne pas succomber à la tentation de la chair.
1742.
31 janvier. — On affiche un libelle contre M. Pallu, inten-
des médailles du cabinet du roi, de l'Académie française, né à Lyon en 1680,
de Jacques Gros, notaire, et de Marie de Boze. (Voir Pernetti),
MarcPanissod était trésorier de France depuis 1708.