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       Au fort Lévèque enfin il n'achève ses jours?



       Grand Dieu! pour châtier ces tyrans de la terre,
       Ne lance point sur eux les feux de ton tonnerre,
       Fais-leur voir seulement le bonheur que produit
       La vertu délectable à quiconque la suit,
       Afin que sa beauté paraissant à leur vue,
       Ils soient au désespoir de l'avoir méconnue (1).
  Le dernier trait rappelle ces vers de Perse, Sat. III, 35.
         Magne pater divum ! ssevos punire lyrannos,
         Haud alia ratione velis, cum dir a libido
         Moverit ingenium ferventi tincta veneno;
         Virtulem videant, intabescantque relicta.

   Il est juste de remarquer encore la satire contre Moignat,
banqueroutier de Lyon, et Paperasson, notaire de la même
•ville.
   Parmi les Epigranimes, il en est une contre Rivière-Du-
fresny, au sujetde la comédie du Chevalier Joueur; quoique cette
épigramme soit connue, nous croyons devoir la transcrire :
           Un jour, Renard et de Rivière,
      En cherchant un sujet que l'on n'eût point traité,
      Trouvèrent qu'un joueur ferait un caractère;
           Qui plairait par sa nouveauté.
      Renard le fit en vers, et de Rivière en prose;
           Ainsi, pour dire au vrai la chose,
           Chacun vola son compagnon;
      Mais quiconque aujourd'hui voit l'un et l'autre ouvrage,
           Dit que Renard a l'avantage
           D'avoir été le bon larron (2).

   Celle aulre^ dirigée contre Rousseau, au sujet de la comé-
die du Flatteur, eut, dans le temps, quelque succès:
           Cher Rousseau, ta perte est certaine,

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  (2) Page 206,