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l'es pièces désormais vont toutes échouer;
Eu faisant le Flatteur, tu t'attires la haine,
Du seul qui te pouvait louer (1).
11 y a néanmoins, dans ces vers,la faute que les grammai-
riens ont justement reprochée à ceux de "Voltaire pour Des-
mahis :
Vous qui fiies Je Glorieux,
Il ne tiendrait qu'à vous de l'être,
A'êlre la pièce le Glorieux !
Gacon s'était, dit-on, vendu à Regnard qui l'employa plu-
sieurs fois à mettre en vers quelques scènes de comédie. Si
l'on en croit même les mémoires du temps, le second de nos
poètes comiques n'était pas fâché d'avoir à sa disposition un
homme de cette espèce, que nulle considération n'arrêlait, et
avec lequel les écrivains les plus estimables craignaient tou-
jours de se compromettre. « Gacon, dit la Biographie univer-
verselle (2), a fait des satires contre Boileau, et l'on a quelque
sujet de croire qu'il les a faites sous l'influence de Regnard,
alors brouillé avec le législateur du Parnasse. » Le silence du
mépris était la seule vengeance qu'on pût tirer du nouvel
Arelino; il y était extrêmement sensible, et l'on rapporte une
anecdote qui aurait dû servir d'exemple à un bon nombre de
gens de lettres. Gacon, ayant publié contre La Motte une satire
violente, intitulée Homère vengé, excita dans le monde une
grande rumeur; La Motlc seul parut n'y pas faire attention.
« Vous ne voulez donc pas me répondre, lui dit un jour l'im-
« pudent satirique ; c'est que vous craignez ma réplique, mais
« n'espérez pas en être quitte. Je vais commencer une bro-
« chure qui aura pour litre : Réponse au silence de M. La
u Motte. » Quelqu'un demandait à ce dernier pourquoi il n'a-
vait pas répondu aux injures de Gacon ; le paisible La Motte
répliqua : « L'on n'a rien à gagner avec ceux qui n'ont rien Ã
« perdre. »
(t) Page 203.
(2) Art. Gacon,,