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315 ceux qui nous survivent les ageancent quelquefois à la m o - derne , afin que le peuple ne soit frustré de ce beau sub- jet...»(t) Malgré ces craintes les réclamations en faveur de la langue française deviennent de plus en plus vives : « Vous estes doneques d'opinion, dit encore Pasquier, que c'est perle de (emps et de papier de rédiger nos conceptions en nostre vulgaire, pour en faire part au public : estant d'advis que nostre langage est trop bas pour recevoir de nobles inven- tions, ains seulement destiné pour le commerce de nos af- faires domestiques : mais que si nous couvons rien de beau dedans nos poiclriries, il le faut exprimer en latin. Quant à moy, je seray toujours pour le party de ceux qui favori- seront leur vulgaire » (2). Ronsard, dans la préface de la Franciade, « supplie très humblement ceux auxquels les mu- ses ont inspiré leur faveur, de n'être plus laliniseurs, ny grécanisateurs, comme ils sont plus par ostentation que pat- devoir, et prendre pitié, comme bons enfans, de leur pau- vre mère naturelle : ils en rapporteront plus d'honneur et de réputation à l'advenir, que s'ils avoient, à l'imitation de Longueil, Sadolet ou Bombe, recousu ou rabobiné je ne sais quelles vieilles rapetosseries de Virgile el Cicéron. » « Vous dasprisez nostre vulgaire, dit à son tour Du Bellay, non pour autre raison, sinon que dès enfance et sans es- tude nous l'apprenons, les autres avec grand peine et i n - dustrie. Que s'il estoit, comme la grecque et latine, péry et mis en reliquaire de livres, » vous l'estimeriez davan- tage (3). El ailleurs : « Las et combien seroit meilleur qu'il (i) Livre XI, lettre VI. (s) Livre I, lettre IL (3) La Défense el Illustration de la Langue française-, par Joacliim Du Bellay, livre I, ch. II.