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ceux qui nous survivent les ageancent quelquefois à la m o -
derne , afin que le peuple ne soit frustré de ce beau sub-
jet...»(t)
   Malgré ces craintes les réclamations en faveur de la langue
française deviennent de plus en plus vives : « Vous estes
doneques d'opinion, dit encore Pasquier, que c'est perle
de (emps et de papier de rédiger nos conceptions en nostre
vulgaire, pour en faire part au public : estant d'advis que
nostre langage est trop bas pour recevoir de nobles inven-
tions, ains seulement destiné pour le commerce de nos af-
faires domestiques : mais que si nous couvons rien de beau
dedans nos poiclriries, il le faut exprimer en latin. Quant
à moy, je seray toujours pour le party de ceux qui favori-
seront leur vulgaire » (2). Ronsard, dans la préface de la
Franciade, « supplie très humblement ceux auxquels les mu-
ses ont inspiré leur faveur, de n'être plus laliniseurs, ny
grécanisateurs, comme ils sont plus par ostentation que pat-
devoir, et prendre pitié, comme bons enfans, de leur pau-
vre mère naturelle : ils en rapporteront plus d'honneur et
de réputation à l'advenir, que s'ils avoient, à l'imitation de
Longueil, Sadolet ou Bombe, recousu ou rabobiné je ne sais
quelles vieilles rapetosseries de Virgile el Cicéron. »
   « Vous dasprisez nostre vulgaire, dit à son tour Du Bellay,
non pour autre raison, sinon que dès enfance et sans es-
tude nous l'apprenons, les autres avec grand peine et i n -
dustrie. Que s'il estoit, comme la grecque et latine, péry
et mis en reliquaire de livres, » vous l'estimeriez davan-
tage (3). El ailleurs : « Las et combien seroit meilleur qu'il


   (i) Livre XI, lettre VI.
   (s) Livre I, lettre IL
   (3) La Défense el Illustration de la Langue française-, par Joacliim Du Bellay,
livre I, ch. II.