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 gnanl un organe qui en est le siège. Gela tient aux rapports
 du physique et du moral le plus souvent mal observés, mais
 surtout au matérialisme des langues primitives. L'homme
 ne voit d'abord que par les yeux du corps, et quand il
 admet quelque chose d'immatériel, il le lie à ce qui est
sensible; il veut savoir où le trouver, car s'il conçoit certaines
existences sans la forme, il ne les conçoit pas encore sans
 un lieu.
   Mais est-il vrai, comme l'a dit M. de Maistre, que le
talent onomaturge ait aujoud'hui disparu? — Les hommes
ont encore la même sagacité d'esprit pour discerner dans
l'objet la qualité qui domine et doit lui imposer le nom ;
ils ont la même appréciation fine des rapports les moins
saisissables, la même audace, la même faculté poétique dans
les comparaisons, la même persistance dans les voies de l'a-
nalogie. Rien ne leur manque que l'emploi de ces qualités.
Les langues sont faites et il n'est pas nécessaire ni possible
de les refaire. On peut bien les remanier, former un autre
langage des débris combinés d'idiomes antérieurs ; mais créer
une langue nouvelle, d'éléments nouveaux, n'est pas au pou-
voir de l'homme.
   Dès longtemps on a nommé tout ce qui est simple, et si
parfois nous avons encore à faire des noms, c'est pour des
combinaisons de ces objets élémentaires, de ces idées prin-
cipales. Il est alors naturel d'unir, pour les désigner, les mots
qui en exprimaient déjà séparément les parties. Quand il
s'agit d'une chose entièrement nouvelle, la métaphore nous
vient en aide et nous la rattachons à un autre objet par
quelque analogie saisissante. C'est la meilleure source de
mots nouveaux.
   Pour les mots composés, ils sont trop souvent ridicules
quand leurs éléments sont empruntés au grec, quand le pre-
mier venu les a formés au hasard de bribes d'une langue