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                                        ass
     On aimerait à connaître quelques déiails relatifs à la navigation
 de ces deux fleuves si importante pour l'ancien Lugdunum, et qui,
 devait souvent aussi fournir à nos pères une occasion de plaisirs.
 Notre curiosité à cet égard est loin d'être satisfaite, et nous deman-
 derions vainement à cette époque les renseignements que nous pou-
 vons désirer. Je ne connais, chez les anciens, qu'un seul passage rela-
 tif à la navigation de la Saône ; encore est-il de ce que nous appelons
 les bas-temps, car il appartient à notre saint Sidoine Apollinaire;
 mais les particularités qu'il nous révèle doivent remonter, comme
 on le verra, à une époque m'en plus ancienne, et selon toute appa-
 rence, au berceau même de Lugdunum. Décrivant la pompeuse
basilique élevée par notre pontife saint Patient, dans un lieu d'où l'on
entendait également, et les bruits de la voie publique, sur laquelle ou
près de laquelle elle était construite, et ceux qui s'élevaient de la
Saône, l'aimable et pieux évoque des Arvcrnos s'exprimait ainsi,
dans des vers auxquels on ne peut refuser, au moins, le mérite de
l'esprit (t) :
         Hinc agyer semai, hinc Arar résultat ;
         Jline sise pedes, atqite eques reflectit,
         Stridentum et moderalor essedorum :
         Curvorum hinc chorus helciariorum,
         Responsanlibus alléluia ripis,
         Ad Christian levât amnicum celeusma.
         Sic, sic psallile nauta, vel victtor, elc.

   Les notions qu'on peut puiser dans ce morceau nous sont fournies
 par ces deux mots : helciariorum et celeusma, peu familiers peut-
être à quelques-uns de mes lecteurs, et qui demandent, par conséquent,
 une courte explication. Helciarius dérivedu verbe grec àxa, trako,
et paraît ainsi désigner ceux qui étaient employés à tirer les ba-
teaux avec des cordes, pour leur faire remonter le courant des fleu-
ves. Par celeusma, chez les Latins comme chez les Grecs, à la langue
desquels ce terme était emprunté, on désignait les cris ou les chants
usités parmi les nautonuiers, pour s'excitera leur pénible travail.

  (!) Epist.U, 10.