Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
page suivante »
                                   289
  On trouve ces deux mots du vocabulaire nautique réunis dans ces
  vers de Martial, que saint Sidoine paraît avoir imités (i).
           Quem nec rumpere nauticum celeusma,
           Nec clamor valet helciariorum.
    Il est souvent question du celeusma chez d'autres écrivains de
 l'antiquité profane : Arrien (2), Censorinus (3), Rutilius (4), etc.
 On le trouve mentionné encore par quelques auteurs ecclésiastiques,
 notamment par saint Jérôme qui disait à Héliodore : Lœtantium
 more nautarum, epilogi celeusma cantandum est (5); saint Sidoine
 lui-même avait dit : Hic tuas laudes mudîficato celeumate, simul
 inter transtra rémiges, gubematores inter aplustria carient (6).
    Notre illustre compatriote nous apprend donc ici deux choses :
 1« que les bateliers de la Saône tiraient leurs bateaux avec des cor-
des, pour en faciliter la remonte, de même qu'ils ont continué de le
faire jusqu'à nos jours ; 2° que les nautonniers avaient coutume de
s'encourager à la manœuvre par des chants, ainsi que cela avait lieu
sur la mer. Nous voyons do plus que ces chants, de profanes qu'ils
étaient dans le principe, avaient pris un caractère religieux et chré-
tien, lorsque l'Evangile eût fait dans nos contrées de nombreux
prosélytes. Un tel usage est indiqué ailleurs par ces vers de saint
Paulin (7) :
               Navitce lœli solitum celeusma
               Continent, vcrsis modulis in Jiymnas ;
               Et piis ducent comités in osquor
                     Vocibus auras.


    (1) Epigr. IV, 64, v. 21; cf. 111, 67, v. 4.
    (2) De expedil. Alex. YI, edit. var. p. 585.
    (3) De die nal. XII.
    (4) Itiner. I, v. 370.
    (5) Episl. V; Opp. tom. IV, part. 2, col. II. Saint Jérôme nous apprend
ailleurs ( In Jerem. cap. XXV ; Opp. tom. HJ, c A 63) qu'on donnait aussi
ce nom aux chants de ceux qui travaillaient au pressoir : Instar calcanlium
in torcularibus celeusma cantabilw.
    (6) Episl. VIII, 12.
   (7) Poem. XVII, v. 109.
                                                               10