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attention au lieu sur lequel le monument a été découvert. Ce frag-
ment se voit aujourd'hui au musée Saint-Pierre, dont il serait une
des richesses, s'il était plus complet (1). En voici les lignes tronquées
qui se rattachent à mon sujet :

                 . . . . TALBEVS INSONTIS (2)
               . . . . PLVRES IN TARTARO
                                M1SIT
                              *
   11 est bien difficile de construire un système sur une base aussi
étroite que ces quelques mots isolés : à peine ose-t-on se permettre
quelques timides conjectures. On pourrait être tenté de présumer
qu'il s'agirait ici, ou d'un naufrage, ou bien d'une inondation, car
les temps anciens eurent comme les nôtres leur part à ces redouta •
blés fléaux. Mais peut-être vaudrait-il mieux admettre la conjecture
qui a été hasardée par l'estimable créateur de notre musée lapidaire.
 « Nous présumons, a-t-il dit, qu'il s'agitici de la défaite d'Albin par
Septime Sévère (3). » Cette explication, en effet, est rendue vrai-
semblable par la ligne qui précède immédiatement celles que j'ai
rapportées, et la seule aussi qui puisse ajouter à nos faibles indices,
bien que la liaison nous soit entièrement cachée. Cette ligne se
compose dans son état actuel de ces seuls mots :

                    . . . RMARE ROMAM P

dont le premier, incomplet, ne peut être suppléé que de deux maniè-
res, /îRMARE ou aRIWARE. Or, si l'on adopte cette dernière leçon,


    (1) Autrefois, sous le n° IX, f., aujourd'hui sous le n° LU.
    (2) La lettre T est évidemment la finale d'un mot; ALBEYS est mis pour
ALVEVS, d'après uue orthographe qui sent la décadence, ou qui révèle peut-être
la prononciation de certaines provinces, et dont on a de nombreux exemples.
.le crois aussi que le mot INSONTIS est mis fautivement pour INSONTES, et
doit se lier avecPLYRES, quoique l'auteur de la Notice des inscription* (p. 1G)
en ait fait une épilhète donnée à ALBEVS, comme s'il y avait INSONS.
    (3) Artaud, Notice de* inscriptions, p. 1G.