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un partisan de Sévère pouvait bien dire que l'entreprise d'Albin,
qu'il devait qualifier de révolte, avait fait prendre les armes à Rome,
représentée par l'empereur triomphant. La position communément
admise des lieux où fut livrée la dernière bataille d'Albin (1), faisait
présumer aussi, et fort naturellement, que beaucoup d'hommes des
deux armées, et surtout des vaincus, purent périr dans l'un ou l'autre
des fleuves qui baignent Lyon. Il faut se rappeler qu'Albin se tua,
au rapport de Dion, lorsqu'il vit les vainqueurs entourer la maison
dans laquelle il s'était réfugié, sur les bdrds du Rhône (2).
   Reincsius a donné une autre inscription lyonnaise qui ne men-
tionne qu'un événement particulier, qu'on ne saurait qualifier d'his-
torique. Je n'ai pas cru néanmoins devoir le passer sous silence : soit
pour ne rien omettre des rares données que je puis recueillir ici, soit
parce qu'il me paraît intéressant de fixer l'attention de mes compa-
triotes sur un monument do notre ville, perdu aujourd'hui, et qu'on
remarque peu à la fin du petit ouvrage de Spon (3). C'est l'épitaphe
d'un jeune militaire, qui périt dans la Saône victime d'un accident
déplorable, lequel ne paraît point se lier aux événements publics
que je viens de rappeler. Voici l'inscription que je transcris du
recueil de Reinesius (4) :


    [i) Nous ne possédons aucune dissertation spéciale bien satisfaisante sur la
bataille d'Albin et de Sévère; sujet, du reste, assez difficile à éclaircir, pour
qu'on doive savoir quelque gré aux écrivains qui ont lente de le faire. On s'ac-
corde généralement i placer ce champ de bataille sur le plateau au-dessus de
notre ville, entre le Rhône et la Saône, position trop vague encore, mais qu'il
n'est pas possible d'éloigner beaucoup de Lyon.
   (2) ttist.rom. LXXV, 855.
   (5) Recherche des antiq. de Lyon, p. 228. Il donne l'inscription en lettres
italiques courantes, et sans distinguer les lignes, comme il le fait pour toutes
celles qu'il a réunies en cet endroit, et qu'il n'avait point vues. Sa copie de
celle-ci est très fautive.
    (4) Syntag, inscript, p. 796, VI. Il donne celte inscription comme
placée in horto Larizardel: serait-ce vraiment le nom d'un habitant de Lyon,
ou aurait-on désigné ainsi par une faute d'impression l'enclos des Laza-
ristes ?