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Les corrosions survenues dans cet intervalle detemps y sont
manifestes, mais aussi elles ne paraissent que comme des
quantités infiniment pelites par rapport à la grandeur des
espaces environnants, et pourtant, comme on l'aura sans
doute déjà remarqué, c'est surtout durant cette période
que l'industrie a acquis son développement, et qu'elle a
le plus fortement modifié l'état naturel des choses pour
lui en substituer un autre purement artificiel.
En définitive, si les besoins qu'entraînent à leur suite
l'augmentation de la population et le surcroit d'activité de
la navigation, ont altéré le lit primitif et exigé depuis peu
des travaux pour le maintenir entre de nouvelles limites,
ces circonstances sont de nulle valeur géologiquenient
parlant, et le Rhône, abandonné à lui-même, oscillera
tout au plus entre des limites très ressérées, parce que
celles-ci sont définies par la disposition du terrain.
La vérité de cet énoncé deviendra plus manifeste si, au
lieu de nous contenter des assertions vagues que nous avons
accumulées dès le début, nous recherchons des preuves po-
sitives de l'ancienne situation du Rhône 5 il suffit pour cela
de citer les monuments romains ainsi que ceux du premier
âge du christianisme, qui s'accordent pour établir que, de-
puis une très haute antiquité, la portion de Lyon, comprise
entre les deux fleuves, occupait plus ou moins exactement
sa position actuelle ; rien, au contraire, ne vient démon-
trer l'existence de constructions importantes sur la plaine
de la rive gauche. Dans tous les cas, les historiens ou les
chroniqueurs n'eussent-ils pas fait mention d'une particu-
larité aussi remarquable que celle du changement de di-
rection du fleuve, qui ne pouvait s'effectuer sans léser une
foule d'intérêts 5 mais si nous nous contentions de ces
aperçus, notre but ne serait atteint que d'une manière très