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129 liaient au coucher du soleil était servi avec une honnête abondance (1). C'est à tort que l'opinion vulgaire range le philosophe de Samos parmi les plus austères anachorètes et assure qu'il défendit à ses disciples l'usage du vin et de la viande. D'après Meiners et Brucker qui ont élucidé ce point historique, avec toute la richesse de l'érudition al- lemande, les Pythagoriciens qui vécurent après la mort de leur maître, s'écartèrent dans plusieurs points essentiels de la règle de leurs prédécesseurs. L'abstinence de la viande fit partie des innovations qu'ils y introduisirent. Les té- moignages tirés des relations d'Arîstote et d'Aristoxène, les historiens les plus savants et les plus dignes de foi de la vie de Pythagore prouvent que ce philosophe et ses premiers disciples ne s'étaient pas interdit l'usage de la chair de tous les animaux; mais seulement de quelques espèces. Il défendait de manger la chair des bœufs de trait et des boucs, et celle de la plupart des poissons. Il excluait aussi toute la venaison, les viscères et les parties les plus molles de tous les animaux. L'hygiène des temps modernes ne saurait que sanctionner de telles prescriptions. Il ne faut point oublier, en outre, que le philosophe qui recom- manda le premier l'usage de la viande aux athlètes et à tous ceux qui se destinaient à des professions semblables; qui avait pour but de former des hommes actifs et utiles à leur patrie; qui tâchait par toutes sortes d'exercices de procurer de la force et de la consistance au corps de ses disciples, n'a pu détruire d'un autre côté ces mêmes avantages en leur recommandant une abstinence excessive. Mais quoique Py- thagore permit à ses disciples de manger de la viande, il ne le faisait qu'à condition qu'ils n'en feraient pas une (i) Cocclii /oc. cit. p. 42.