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 liaient au coucher du soleil était servi avec une honnête
 abondance (1). C'est à tort que l'opinion vulgaire range le
philosophe de Samos parmi les plus austères anachorètes
 et assure qu'il défendit à ses disciples l'usage du vin et de
la viande. D'après Meiners et Brucker qui ont élucidé ce
point historique, avec toute la richesse de l'érudition al-
lemande, les Pythagoriciens qui vécurent après la mort de
leur maître, s'écartèrent dans plusieurs points essentiels de
la règle de leurs prédécesseurs. L'abstinence de la viande
fit partie des innovations qu'ils y introduisirent. Les té-
moignages tirés des relations d'Arîstote et d'Aristoxène,
les historiens les plus savants et les plus dignes de foi de
la vie de Pythagore prouvent que ce philosophe et ses
premiers disciples ne s'étaient pas interdit l'usage de la
chair de tous les animaux; mais seulement de quelques
espèces. Il défendait de manger la chair des bœufs de trait
et des boucs, et celle de la plupart des poissons. Il excluait
aussi toute la venaison, les viscères et les parties les plus
molles de tous les animaux. L'hygiène des temps modernes
ne saurait que sanctionner de telles prescriptions. Il ne
faut point oublier, en outre, que le philosophe qui recom-
manda le premier l'usage de la viande aux athlètes et à tous
ceux qui se destinaient à des professions semblables; qui
avait pour but de former des hommes actifs et utiles à leur
patrie; qui tâchait par toutes sortes d'exercices de procurer
de la force et de la consistance au corps de ses disciples, n'a
pu détruire d'un autre côté ces mêmes avantages en leur
recommandant une abstinence excessive. Mais quoique Py-
thagore permit à ses disciples de manger de la viande, il
ne le faisait qu'à condition qu'ils n'en feraient pas une

  (i) Cocclii /oc. cit. p. 42.