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                SORR€TS

                                 I

                      LE DÉSERTEUR

                   A MON AMI PUITSPELU       (i)


            C'était un enfant d'Argovie,
            Tenant garnison à Strasbourg ;
            Bon soldat. — Son oreille, un jour,
            Par des sons lointains est ravie.

            C'est le ranz du soir qui convie
            Troupeaux et pasteurs au retour.
            Pauvre lansquenet!... — il y court ,
            On le rattrape. — Adieu la vie !...

            Tel mon sort. —J'étais un fervent
            Et doux géomètre; — le vent
            M'apporte vos chansons fatales.

           Je reconnais — ô volupté ! —
           Le cor de mes Alpes natales.
           — C'en était trop... J'ai déserté!


(i) Il m'avait envoyé des vers, en m'engageant à revenir à la poésie.