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2$2 LES DÉBUTS ORATOIRES dinaires du xviie siècle, qui en a produit cependant de bien hautes et de bien singulières. Homme d'Eglise et homme d'État, il sut allier ce que d'ordinaire on estime assez inconciliable, une existence brillante et mondaine, un grand train de maison, un luxe de représentation inouï, avec l'accomplissement sérieux des devoirs de sa charge pastorale, avec des vertus sincères et des mœurs irréprochables. Il réunit dans sa main, sans les trouver trop lourds, le sceptre de l'administration, le bâton du commandement militaire et la crosse archiépiscopale. Le duc de Saint-Simon, inéchante langue, qui avoue n'être pas en fort bons termes avec les Villeroy, l'appelle le dernier grand seigneur qui fût en France. Il est inutile d'insister sur la situation de sa famille : il y en avait de plus anciennes dans le royaume, aucune n'était plus influente à la cour ni mieux dans l'esprit du roi : le frère aîné de l'archevêque, après avoir été le gouverneur du jeune Louis XIV, demeura le plus habile et le plus choyé des courtisans; nulle autre, pas même les Noailles, Neuville, et encore ne succéda-t-il pas immédiatement à l'oncle : entre les deux il y eut Mgr de Saint-Georges. « Né à Rome, pendant l'ambassade de son frère, il eut pour parrain Camille Borghès, depuis Paul V. » Deux fautes typographiques. Mgr l'archevêque vit en effet le jour à Rome; mais, pendant l'ambassade de son père, le fils aîné n'avait en 1606 que huit ans et Paul V n'était plus le cardinal Borghèse, mais depuis un an Souverain-Pontife ; ce fut un bien plus grand honneur pour son filleul. Nous pensons aussi qu'une distraction fait attribuer à Mgr l'arche- vêque de Lyon ce que Massillon a dit de l'archevêque de Vienne, par M. Morin Pons dans Les Villeroy, discours de réception à l'Académie de Lyon, du 21 décembre 1861 : « Je loue un homme juste et droit, simple dans le mal et prudent dans le bien. » Ce discours académique est du reste remarquable par son érudition.