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  toujours croissante de constructions nouvelles au milieu de celles qui existaient
  déjà, accumulation qui tend, de plus en plus, à entraver la libre circulation de
 l'air et à limiter l'espace réservé aux promenoirs des malades. A côté de cette
  observation se place tout naturellement un vœu . M. Pointe voudrait que l'ar-
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 chitecte ne fit jamais aucun changement à ce qui existe, avant que les médecins
 eussent été consultés par l'administration. Mais ce vœu se réalisera-t-il un jour ?
 et peut-on raisonnablement l'espérer lorsque, non seulement, les médecins n'ont
 pas voix dans les délibérations administratives, mais encore qu'ils n'obtiennent
 parfois qu'avec une extrême difficulté certaines améliorations réclamées par
 l'état des salles dont le service leur est confié ? Et cependant de quel utile con-
 cours l'administration ne se prive-t-elle pas en agissant ainsi ? Le livre de M. le
 docteur Pointe en fournit la preuve à chaque page. En louant ce qui est bien,
 eu appréciant les progrès accomplis, l'auteur insiste sur ce qui reste à faire, et
 il ne signale pas un seul abus qu'il n'indique le moyen d'y remédier, pas une
 seule amélioration qu'il ne. donne son avis sur les voies à suivre pour y parve-
nir. M. Pointe a compris, dès longtemps, que, puisque la santé est l'unique bien
du pauvre, on ne saurait apporter trop de soins à l'application des moyens des-
 tinés à la lui rendre, et que, dans la recherche de ces moyens, il n'est rien de si
petit ou de si bas, en apparence, qui ne grandisse et ne s'élève aux yeux des
vrais amis de l'humanité. Aussi sa plume n'a-t-elle reculé devant aucune des
nécessités de son sujet ; mais si les détails ont justement occupé son attention,
ils ne l'ont pas tellement absorbée qu'il n'ait aussi traité, avec toute l'étendue
qu'elles comportent, les questions d'un intérêt plus élevé dont l'administration
s'est jusqu'ici réservé la décision souveraine.
    Le second chapitre est consacré aux servant*. Cette partie de l'histoire de
l'Hotel-Dieu de Lyon, si naïvement tracée dans l'ouvrage de feu l'Archiviste
Dagier, est ici renfermée dans un très petit nombre de pages ; et, suivant nous,
cette sobriété est une preuve de goût dont il faut tenir compte au nouvel histo-
riographe de l'Hôtel-Dieu. M. Pointe ne se dissimule aucune des imperfections
du mode actuel d'organisation du service en ce qui concerne les servants de l'un
et de l'autre sexe ; mais il pense que ce service s'améliorerait si l'on suppri-
mait les frères, au fur et à mesure d'extinction, en les remplaçant par de nou-
velles sœurs pour tous les travaux à la portée des femmes, et par des domesti-
ques à gages pour tout ce qui exige la force des hommes. Sans doute, plusieurs
abus fort graves disparaîtraient par l'adoption de cette mesure ; mais l'auteur
ne reconnaîtra-l-il pas, avec nous, qu'il y aurait quelque chose de mieux à
faire ? Pourquoi, en effet, ne pas appeler de véritables religieuses, de ces saintes
filles qui, ayant fait vo:u de pauvreté et rompu à jamais avec le monde, nous
olïrenl chaque jour Je si parfaits modèles de charité et d'hamilitè chrétiennes ?