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 et pure de celle jeune enfant lorsqu'elle ramenait le soir son
 petit troupeau ; mais la pauvre petite était sans cesse inquiète
 et agitée ; l'exécration insensée dont elle était l'objet glaçait
 son cœur et parfois elle s'épouvantait d'elle-même. Un rien
 suffisait a lui donner des terreurs : chantait elle avec abandon
 quelque lristerefrain,on la voyaitsoudains'inlcrrompre, rester
 interdite et se prendre à pleurer parce que le bruit de son
 chant avait réveillé un héron, hôte triste et constant de ces
rives poissonneuses, quirepliailson long cou, rejetaitses pattes
 en arrière, et, déployant lentement ses ailes grises, comme
deux voiles ternies par de fréquents orages, s'éloignait d'un
vol uniforme en poussant un cri bref et mélancolique, image
de sa vie de souffrance et d'anxiété. — A la fin d'un automne
on cessa tout à-coup de voir Gattie. Deux sœurs de la charité
venaient chaque jour visiter la cabane isolée où l'on entendait
confusément des éclats de voix étranges se mêler à des chants
doux et mélancoliques. Un jour les sœurs ne vinrent pas, et
au crépuscule un prêtre et une vieille femme en pleurs accom-
pagnaient une bière vers l'église. La jeune fille était morte
folle.


                                  IV.


   —Dans les Pyrénées françaises, le chat) l a de la hardiesse, près,
que de l'élévation parmi les pâtres, et rappelle par la mélodie,
la pensée et le rhylhme beaucoup de choses de l'Ecclésiaste et
du Psalmisle. Dans les Pyrénées espagnoles, au contraire, les
chants de montagne sont remarquables par leur vivacité, le
redoublement de leurs rimes, et surtout par le mélange inatten-
du d'une pensée triste qui vient brusquement interrompre un
joyeux boléro. Ainsi:
                      De libeiléjalouses,
                      Voyez, sur ces pelouses,
                      Ces jeunes Àndalouses