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210 caillouteux, qui s'élèvent au-dessus des plaines, comme les Bal mes viennoises^ elles offrent presque toutes ce caractère c o m m u n d'être sujettes à des intermittences périodiques en r a p p o r t a v e c les sécheresses prolongées; leur tarissement peut devenir tel, que les marais sont alors complètement à sec, et se maintiennent quelquefois dans cet état, quand même le fleuve éprouve des d é b o r d e m e n t s . Ces sources et les ma- rais qui en dérivent sont donc i n d é p e n d a n t s du R h ô n e par leur t e m p é r a t u r e , par leur périodicité, par leur position, par conséquent, les dénominations locales auxquelles elles ont d o n n é lieu, n ' o n t aucun r a p p o r t avec cet ancien lit, d o n t nous croyons maintenant avoir suffisamment réfuté l'existence. C e p e n d a n t notre tâche serait encore incomplète, si n o u s ne disions pas quelques mots sur une dernière illusion qui a motivé l'erreur que nous nous efforçons de c o m b a t t r e . Le sol du pays Velin est composé de cailloux roulés et de sables ; ses dépressions offrent des courbes largement con- caves, comme le sont celles des lits de rivière tracés dans un sol m o u v a n t ; les contours des Balmes sont d o u c e m e n t ilexueux ; leur abrupte est souvent formé de un ou deux gradins horizontaux, et ne doit-on pas voir dans ces p h é - nomènes les traces les plus évidentes de l'ancienne exis- tence d ' u n cours d'eau qui, autrefois très puissan!, se se- rait réduit p a r degrés de manière à n e plus être figuré que par le R h ô n e actuel. La réponse à ces demandes serait difficile à motiver, en ce sens qu'il faudrait nous jeter dans une foule de détails qui ne peuvent figurer que dans un traité spécial de g é o - logie ; la digression serait au moins d é p l a c é e ; aussi nous nous contenterons de dire que l'on peut d é m o n t r e r que ce sont réellement des eaux qui ont façonné ce terrain ; mais