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 chute qui serait insignifiante maintenant ; voilà enfin
 pourquoi il ne devait pas être sujet à des interruptions de
 service aussi fréquentes qu'elles pourraient l'être de nos
 jours.
    En résumé, cette longue discussion nous démontre que,
 depuis l'époque romaine, c'est-à-dire depuis environ 2000
 ans, le Rhône n'a point éprouvé de déplacement notable
 dans le sens horizontal; il n'a pas davantage modifié la
 hauteur absolue de son lit : si donc, d'une part, celui-ci
 tend à être engorgé par les graviers qu'amènent les af-
fluents, d'un autre côté, il a la puissance de triturer et de
balayerau fur et à mesure ces dépôts, et concluons que le
fleuve est, quant à son emplacement, parvenu depuis un
temps immémorial à un état normal dont il ne peut sortir
que par suite de travaux assez inconsidérés pour rompre
complètement l'équilibre parfait existant entre les causes
diverses qui se disputent la prééminence dans son sein.
   S'il en est ainsi, que faire des marais que l'on invoque
quelquefois à l'appui de l'ancien cours du Rhône 5 la ré-
ponse à cette objection va se trouver dans l'étude attentive
de ces flaques d'eau. Leur surface occupe une partie assez
notable du pays Velin ; elles touchent en quelques points
les Balmes viennoises de si près que l'on trouve souvent à
peine entre les deux; un étroit sentier pour le passage des
piétons ; leur étendue en longueur est aussi la même, c'est-
à-dire qu'à partir de Jonage jusqu'à St-Fons, on voit
presque partout de ces eaux stagnantes, et les lacunes sont
faciles à expliquer puisqu'elles sont, pour la plupart,
situées au débouché des grandes dépressions du Las pla-
teau dauphinois, dont le déblai a exhaussé le sol de la
partie correspondante de la plaine, et l'a, par conséquent,
rendu impropre à retenir ces nappes marécageuses dont