page suivante »
150
« comme ce mouvement de l'être vers l'être est l'amour,
« l'homme n'est donc qu'un être doué d'amour— Nous
« n'avons qu'à chercher à quelle faculté de la nature humaine
« il faut rapporter cet amour, et nous aurons le centre de
« l'homme, ce qu'en psychologie on est convenu jusqu'à prè-
« sent d'appeler le moi; puisque l'amour est la manière
« d'être du moi, ou plutôt puisque l'amour est le moi lui-
s
e même, voyons dans quelle faculté se trouve l'amour, nous
« saurons dans quelle faculté se trouve le moi. La partie de
« de la nature humaine où se fait sentir ce besoin d'amour
« étant ce que l'on nomme le cœur, le cœur est donc
« l'homme lui-même, le cœur est donc ce que, jusqu'à p r é -
« sent, les psychologistes appelaient le moi ! La raison, des-
« servie par l'intelligence, est l'organe par où le cœur reçoit
« la lumière qui l'éclairé sur l'objet infini de son amour; la
« causalité, desservie par le corps, est la faculté par où le cœur
« se détermine et exécute les actes nécessaires pour le con-
« du ire vers cet objet. Le cœur est donc le centre de l'orga-
« nisme spirituel ; ainsi, le cœur c'est l'homme, c'est-à -dire
« cet être doué de la raison et de la volonté, de l'intelligence
« et du corps. »
Telle est la démonstration ontologique de l'existence du
cœur en tant qu'élément fondamental de la nature humaine.
L'étude de l'homme, par la méthode psychologique, nous
amène au même résultat, le cœur seul peut expliquer tous les
faits humains. En etfet, si l'homme agit librement, c'est qu'il
l'a voulu ; avoir voulu accomplir un acte, c'est avoir eu un motif
pour cela, c'est avoir espéré de satisfaire un de ses besoins,
c'est s'être porté avec désir vers la chose qui pouvait le combler;
or, se porter avec désir vers une chose, c'est aimer; et aimer,
c'est l'acte du cÅ“ur. « Les psychologistes ont confondu jusqu'Ã
« présent le cœur avec la volonté, mais leur notion de la
« volonté qui ne serait, d'après eux, qu'une sorte de ressort