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perse dans le temps par la succession : la mémoire ; — G" ée
briser l'unité de l'objet, puisque nous ne pouvons comprendre
un tout composé sans en avoir étudié chaque partie, de per-
sonnifier celte partie comme un être complet : l'abstraction ;
7° de ramener la diversité à l'unité en recomposant le tout
primitif; la généralisation; 8° enfin, la faculté d'examiner
plusieurs objets à la fois afin qu'en reconnaissant leurs rap-
ports de différence ou de ressemblance, on puisse former les
genres et les espèces : la comparaison.
Tels sont les pouvoirs divers à l'aide desquels l'intelligence
accomplit sa double fonction de percevoir les idées ration-
nelles et les images corporelles ; car la pensée repose sur quatre
conditions: « 1° l'intuition de la rationalité; 2° la percep-
tion de l'entendement; 3° l'impression des sens qui reçoi-
vent les images, et 4° l'acte par lequel l'imagination réfléchit
l'image sur l'idée pour l'imaginer, la constituer pensée. »
Ainsi, les deux éléments fondamentaux de l'être créé, de
l'homme, ont chacun leur instrument dans ce monde, la cau-
salité a le corps', la rationalité a l'intelligence.
Nous ne suivrons pas l'auteur de l'Unité dans l'examen ana-
lytique de l'intelligence auquel il se livre après avoir déterminé
a priori l'existence et les fondions de cette faculté; cet exa-
men, fait avec une rare profondeur, ne constitue, malgré son
importance, qu'une partie de la psychologie de M. Blanc
St-Bonnet. Nul n'a, si bien que lui, distingué les fonctions par-
ticulières de l'intelligence vis-à -vis de la raison, et vis-à -vis de
la réalité sensible. Mais, à l'inverse de la plupart des psycho-
logues, il a bien compris que l'intelligence n'est pas tout
f homme, et qu'il y a quelque chose de plus fondamental en-
core à étudier en lui. Malgré le rôle immense que l'école at-
tribue à la psychologie dans la science philosophique, on peut
dire que ses écrivains ont presque tous restreint la science de
l'homme à l'analyse de son intelligence, ou tout au moins, ont