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 quelques hommes délite qui apprissent à bien vivre, selon
 le sens le plus étendu de cette expression, à remuer les,
 facultés de leur ame par les arts et les sciences, et à forti-
 fier leur corps par les exercices gymnastiques, il visita
 quelques contrées de la Grèce 5 mais l'Egypte, cette terre
 fertile en saines institutions, l'attira surtout (1). Ce fut là
 qu'il apprit sans doute des prêtres égyptiens, combien la
 sainteté, la tempérance et la sobriété donnent de charmes
 à la vie, et qu'il résolut de faire aimer ces vertus aux Cro-
toniates. D'après les témoignages des historiens les plus
dignes de foi qui ont parlé de Pythagore, ce philosophe
passa en Italie quelques années avant la soixantième olym-
piade, sous le règne de Tarquin-le-Superbe. Il était par-
venu à un âge de fixité et d'énergie dans lequel un réfor-
formateur peut employer simultanément les lumières de
l'expérience acquise et la force d'action qui les applique (2).
Il eut le temps de jouir des fruits de sa persévérance
et de son génie. Type de vigueur morale et de santé phy-
sique, il put voir dans sa verte vieillesse sa société grandir,
ses instituts prendre racine, les décisions sorties de sa
bouche à Crotone, passer delà, comme autant d'oracles, dans
toute la grande Grèce. C'est alors peut-être qu'enivré
de ses succès, ce philosophe voulut tenter l'expérience
dangereuse d'appliquer à des nations entières le régime
pythagoricien ! Peut-être que son austère raison ne put le
défendre de rêves chimériques, au milieu desquels il entre-


   (r) Les témoignages des auteurs les plus dignes de foi, Hermippe et Aristo-
bule, entre autres, assurent que Pythagore voyagea également dans la Palestine
et que là, il prit connaissance des livres de Moïse. La pureté de sa doctrine
confirme hautement cette opinion.
  (a) D'après Aristoxcne, Pythagore .serait .venu en Italie à l'âge c!e quaranla
ans.