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119 quelques hommes délite qui apprissent à bien vivre, selon le sens le plus étendu de cette expression, à remuer les, facultés de leur ame par les arts et les sciences, et à forti- fier leur corps par les exercices gymnastiques, il visita quelques contrées de la Grèce 5 mais l'Egypte, cette terre fertile en saines institutions, l'attira surtout (1). Ce fut là qu'il apprit sans doute des prêtres égyptiens, combien la sainteté, la tempérance et la sobriété donnent de charmes à la vie, et qu'il résolut de faire aimer ces vertus aux Cro- toniates. D'après les témoignages des historiens les plus dignes de foi qui ont parlé de Pythagore, ce philosophe passa en Italie quelques années avant la soixantième olym- piade, sous le règne de Tarquin-le-Superbe. Il était par- venu à un âge de fixité et d'énergie dans lequel un réfor- formateur peut employer simultanément les lumières de l'expérience acquise et la force d'action qui les applique (2). Il eut le temps de jouir des fruits de sa persévérance et de son génie. Type de vigueur morale et de santé phy- sique, il put voir dans sa verte vieillesse sa société grandir, ses instituts prendre racine, les décisions sorties de sa bouche à Crotone, passer delà , comme autant d'oracles, dans toute la grande Grèce. C'est alors peut-être qu'enivré de ses succès, ce philosophe voulut tenter l'expérience dangereuse d'appliquer à des nations entières le régime pythagoricien ! Peut-être que son austère raison ne put le défendre de rêves chimériques, au milieu desquels il entre- (r) Les témoignages des auteurs les plus dignes de foi, Hermippe et Aristo- bule, entre autres, assurent que Pythagore voyagea également dans la Palestine et que là , il prit connaissance des livres de Moïse. La pureté de sa doctrine confirme hautement cette opinion. (a) D'après Aristoxcne, Pythagore .serait .venu en Italie à l'âge c!e quaranla ans.