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tredit le plus vague, le plus indéfini de tous les arts, les lois de la
musique doivent renfermer les analogies les plus frappantes avec les
lois de l'être; c'est ainsi au moins qu'en jugeaient Pythagore, Platon,
et tous les grands métaphysiciens; après eux on peut conclure
d'une loi musicale à une loi ontologique sans cesser de faire de la
philosophie. 11 suffit de s'être préoccupé un moment de la science
de l'être, pour arriver à cette idée que toutes les lois fondamentales
de la nature des choses peuvent être ramenées à l'unité, si nous con-
naissions l'unité mystérieuse de cette loi, nous connaîtrions l'es-
sence même de Dieu. L'esprit humain est hien loin encore d'avoir
ramené à l'unité les seules lois du monde physique, il est arrivé
pourtant à de hauts degrés d'identification; lorsque, dans un ordre
de faits on a trouvé la loi la plus élevée, on peut affirmer que cette
ioi.conslaleedansle monde sensible et fini, a son analogie avec une
loi du monde invisible, de la réalité infinie.
   Ainsi l'argument que tire M. Blanc St-Bonnet de la loi de l'accord
parfait en faveur de sa notion de l'harmonie universelle et de la
grande loi de l'être, est donc sinon une démonstration, ce genre de
preuve est impossible quand on raisonne de l'absolu, du moins une
explication aussi profonde, aussi complète qu'il est permis à la rai-
son humaine d'en donner sur la nature de Dieu, une de ces explica-
tions qui ne suffisent pas sans doute pour emporter l'acquiescement
général, parce qu'elles s'adressent à cette partie exquise de la raison
qui est le sentiment poétique que toutes les intelligences ne possè-
dent pas, mais qui engendre une conception plus vraie de la réalité
que tous les efforts du raisonnement. Cet argument analogique n'est,
d'ailleurs, dans le livre de l'Unité, que le complément d'un système
de preuves rationnelles développées avec autant d'exactitude que
s'en supposent à eux-mêmes les écrivais les plus dénués de poésie.
Sur ces bases qui nous paraissent aussi certaines que les travaux les
plus accrédités de la philosophie, M. Blanc St-Bonnet établit que
l'amour est la cause de l'homme et de la création ; l'homme est des-
tiné, si l'on peut s'exprimer ainsi, à compléter Dieu.
   Ainsi, ce n'est pas en vertu d'un désir arbitraire, d'un caprice de
sa puissance, ce n'est pas dans une vaine pensée de glorification de
lui-même, comme on l'enseigne quelquefois, que Dieu a créé, c'est