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    II ne suffit pas à l'empereur de porter le titre de monarque uni-
  versel du monde, il veut qu'une solennelle cérémonie consacre son
 nouveau titre. Le 15 août 1828, dans la cathédrale colossale, élevée
 sur l'emplacement autrefois occupé par le Palais-de-Justice et intro-
 nisée sous l'invocation de Saint-Napoléon, le pape Clément XV
 verse l'huile sacrée sur la têle du monarque universel.
    Une longue période de paix succède à cet événement. Le monar-
 que universel consacre tous ses soins au bonheur du monde. Les
 sciences, les lettres et les arts favorisés par sa protection, réalisent
d'immenses progrès. Des voitures volent surles routes en fer avec la
 rapidité de la foudre; des vaisseaux à dix, seize et vingt roues animées
 parde nombreuses machines à vapeur, traversent en moinsd'une se*
maine les mers qui séparent l'Europe de l'Amérique ; des machines
nouvelles soulèvent les rochers, creusent la terre, arrêtent ou lan-
cent les ondes, aplanissent les montagnes. Des combinaisons chimi-
ques chassent les nues et dissipent les tempêtes parde prodigieuses
détonations. Des télégraphes électriques rayonnent de Paris à toutes
les extrémités du globe. Les aérostats agrandis sont enfin maîtrisés et
dirigés par l'homme. L'eau de lamer est rendue potable. Des gouffres,
découverts près de Tambouctou, et dépourvus d'eau, permettent de
descendre jusqu'à cinq lieues au-dessous de la surface du sol ; à cette
profondeur on trouve le feu....
   La médecine opère aussi des merveilles. Un homme dont la mort
avait été certaine est rappelé à la vie ; la cécité peut être guérie ;
la surdité retrouve l'ouïe au moyen d'oreilles factices ; des inocula-
lions préservatrices sont découvertes pour la plupart des maladies ;
enfin,l'hygiène est perfectionnée et l'art de guérir a fait d'immenses
progrès.
   Cependant celle grandeur merveilleuse, cette gloire inouïe que
Napoléon a obtenues ne peuvent le soustraire à la loi commune de
l'humanité. Mais sa mon doit avoir encore ce caractère de promp-
litudeet d'imprévu qui a présidé à presque tous les actes impor-
tants de cette brillante carrière. Le soir du 21 février 1832, Napo-
léon est frappé d'une apoplexie foudroyante. Le surlendemain, à
sept heures vingt-deux minutes du matin, Napoléon expire. Il était
âgé de soixante-deux ans six mois et huit jours! ! !...