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                          ACADÉMIE DE LYON                    -      449
   cette réhabilitation vient d'être reprise aves éclat par Freeman.
   C'est en s'inspirant de ces divers travaux que M. du Boys prend
  la parole à son tour.
     M. du Boys réfute d'abord une légende qu'Augustin Thierry a
  eu tort d'accueillir et qui fait de Thomas Becket le fils "d'une
   sarrasine. Il était d'origine normande; son père était de Bouen,
   sa mère, de Caen. S'il fut le premier archevêque de Cantorbéry
  né sur la terre-anglaise depuis la conquête, il n'en appartenait pas
  moins, par ses origines, à la race des vainqueurs. Orphelin de
  bonne heure, il fut protégé par un parent qui l'employa dans ses
  affaires de négoce, ou, suivant d'autres témoignages, le fit travailler
  chez un tabellion. Ce ne fut que plus tard qu'il entra en rapports
  avec l'archevêque de Cantorbéry, Thibaut, et s'engagea dans les
  ordres, sans recevoir pourtant la prêtrise. Après diverses missions
  à Rome et en Italie, pendant lesquelles il étudia le droit à Bologne,
  il fut nommé archidiacre de l'église de Cantorbéry. C'était lui con-
  fier l'administration de tout le temporel de ce riche siège. C'est
  dans cette gestion qu'il fit preuve d'une telle habileté que Thibaut,
  à l'avènement d'Henri II, crut devoir lui désigner Thomas, à peine
  âgé de trente-huit ans, pour devenir chancelier d'Angleterre.
     C'est alors que se forma entre le roi et le chancelier cette amitié
  qui devait finir d'une façon si tragique. Thomas épousa avec
  l'ardeur qu'il mettait a toutes choses les intérêts de la couronne, et
  les fit même parfois prévaloir contre ceux de l'église. Toutefois o
  M. du Boys réfute les accusations de versatilité et de corruption
'lancées par quelques historiens contre Becket. Sans doute il s'en-
  toura du luxe que comportait sa situation de premier magistrat du
  royaume ; mais ses mœurs restèrent pures, sa charité était iné-.
  puisable; son amour de la vérité et de la justice était proverbial.
  Il n'y a donc pas, entre les deux parties de sa carrière, des dis-
  parates aussi étranges qu'on s'est plu à l'affirmer. M. du Boys
  s'arrête au moment où Thomas, promu à l'archevêché de Cantor-
  béry, reçoit à la fois la prêtrise etl'épiscopat, et entre dans cette
  seconde phase de sa carrière qui devait être cause et de sa gloire et
  de ses malheurs.
     M. Rougier, président en l'absencede M. Loir, en remerciant
  M. du Boys, rappelle la thèse d'Augustin Thierry, qui fait de
        MAI-JUIN 1882. — T. I                                  cO