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'450                  LA REVUE LYONNAISE
. Becket le défenseur de trois classés d'opprimés : les serfs, les
  Saxons, les clercs. M. du Boys est d'accord avec M. Rougier pour
  considérer cette thèse comme fort exagérée. Ce ne fut que lorsqu'il
  devint archevĂŞque que Becket prit ce rĂ´le de protecteur des
  faibles : il le prit comme homme d'église et non comme homme
  politique.
                                               *
     Séance du 21 mars 1882. — La séance s'est ouverte par une
  curieuse lecture de M. Guimet sur la ville indienne de Tandjour. C'est
  une des villes saintes de l'Inde ; elle doit sa célébrité à un temple
 fameux que M'. Guimet nous décrit sur un roc, protégé par deux
  enceintes fortifiées, l'une qui date du temps où l'on combattait avec
  des flèches, l'autre disposée pour recevoir l'artillerie.
     Le temple est un des plus parfaits spécimens de l'architecture
 brahmanique. Tous les sentiments que l'architecture peut exprimer,
  la grâce aussi bien que la force, la légèreté aussi bien que la
  grandeur imposante y ont trouvé leur réalisation. Le temple est
  une pyramide Ă  laquelle l'on arrive par un escalier colossal dont la
  partie inférieure est masquée par une première enceinte, couverte
  elle-même d'une Ornementation riche et délicate, de telle sorte que
  la partie supérieure de l'escalier, se redressant en quelque-sorte
  par-dessus cet obstacle qui a momentanément arrêté la vue, semble
  s'élancer à l'infini. Devant le temple se trouve le taureau colossal,
  objet de la vénération des pèlerins. C'est un morceau de sculpture
  taillé dans un porphyre brun. Un dais sculpté d'une légèreté tout
  aérienne fait ressortir fort habilement les proportions massives de
  l'animal. Autour du temple s'élèvent de petits sanctuaires, dont l'un,
  d'une rare perfection architecturale, est une admirable réduction du
  grand temple.
     Le culte rendu dans ce temple célèbre donne lieu à plus d'un
  problème..Le taureau couché sur le seuil adore Srwa, le dieu qui
  préside aussi bien à la génération qu'à la destruction des êtres.
  Le taureau, dans les légendes indiennes, symbolise tantôt le jour,
  tantôt la nuit, tantôt l'orage. Ici le taureau vénéré est un taureau
  funéraire, assez analogue au bœuf Apis de l'Egypte, dont le
  culte se rattachait aussi aux mystères de la mort. M. Guimet est
  entré à ce sujet, dans la discussion des diverses hypothèses aux-