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448                  LA REVUE LYONNAISE
donne raison a la tradition juive qui y voit les assises de l'ancien
temple de Salomon.

   Séance du 14 mars 1882. — Dans les diverses communications
que fait le secrétariat au début de chaque séance, il faut accorder une
mention spéciale à la société de géographie commerciale de Bor-
deaux qui a décidé de dresser le catalogue des noms géographiques
employés dans les langues et patois du Midi, et réclame dans ce but
le concours des diverses Sociétés savantes.
   A propos d'un hommage de M. le docteur Saint-Lager qui
offre à l'Académie son travail sur les propriétés hygiéniques des
diverses eaux qu'il est question d'amener à Lyon, M. Desjardins
rappelle l'intérêt en quelque sorte séculaire que l'Académie a attaché
à cette question. Au dix-huitième siècle, elle en fit l'objet de deux
concours, en 1770 et en 1775; et à peine reconstituée sous le
premier empire, elle remit la question au concours en 1808.
   M. Locard lit un rapport sur les travaux de M. Maurice de
Tribolet. Cette note est renvoyée à la Commission de présentation,
M.deTriboletétant candidat à une place de membre correspondant.
   M. Albert du Boys, membre correspondant de l'Académie, lit un
travail sur la vie de saint Thomas Becket, d'après des documents
récemment publiés. Historien de Catherine d'Aragon, M. du Boys
a dû étudier l'histoire religieuse de l'Angleterre à l'époque du grand
schisme qui la sépara de Rome. Pour expliquer les événements con-
temporains de cette terrible crise, il a embrassé dans ses études l'his-
toire del'égliseanglicane au moyen âge depuis la conquête normande ;
et il en groupe toute la première période autour de trois grands
noms : Lanfranc, saint Anselme et saint Thomas de Cantorbéry.
   La mémoire de Thomas Becket a été longtemps au sein de l'Eglise
anglicane l'objet d'une sorte d'anathème officiel. De nos jours seu-
lement, la question a été abordée avec un esprit plus impartial.
C'est un docteur anglican, Gills, qui a, en effet, au sein de l'Église
protestante officielle, publie en 1846 un travail qui a mérité d'être
traduit par un jeune prêtre français qui devint l'archevêque de Paris,
Mer Darboy. En 1876, de curieux documents inédits publiés par
le docteur Robertson ont complété l'œuvre commencée. Entravée
un instant par les violentes attaques de l'historien anglais Froude,