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276 LA REVUE LYONNAISE
Tout d'abord, au cours de son instructive monographie, il
examine parallèlement la situation des religieuses à notre époque
et avant 1789 : s'il constate dans le passé plus d'une vocation
forcée, il est convaincu qu'à présent en général elles sont libres,,
à part, bien entendu, la question, à peu près inévitable, des
influences. 11 compare la régularité incontestable des couvents
actuels avec les désordres, que trop souvent les historiens, les
moralistes, même des prélats, avaient signalés au sein des anciens
couvents ; mais, ce qui est assez piquant et ce qu'il démontre, c'est
que, contre toute apparence, les communautés religieuses à Lyon,
du moins celles de femmes, sont cinq fois plus nombreuses qu'il
y a cent ans. Est ce un des effets de la Révolution ou de la
liberté ?
Notre chercheur nous parle ensuite spécialement de la congre -
gation de Sainte-Ursule, établie en cette ville, en 1612, par la
mère Françoise de Rermond, qui d'ailleurs avait fondé pour toute
la France l'ordre des Ursulines, ordre voué à l'éducation des
jeunes filles. Cet établissement n'eut lieu qu'avec la permission
du corps des échevins de la commune (le conseil municipal du
temps), et d'après des lettres-patentes de Louis XIII, enregistrées
au Parlement : il comprit bientôt plusieurs maisons avec des
jardins sur la rue de la Vieille-Monnaie. C'est là que Marie-
Lucrèce de Mornieu devait entrer, encouragée dans sa vocation
par les conseils de ses parents, dont la fortune modeste rendait
utile pour eux cette diminution de charges domestiques. Ils en
furent quittes pour une somme de 4.000 livres ou plutôt une rente
de 200 livres et pour une pension viagère de 150 livres. Le contrat,
passé par devant notaire entre la communauté et la famille, était
hérissé de "clauses de précaution. Tout ce qu'on sait de Marie-
Lucrèce, c'est qu'en 1702 elle vivait encore et qu'elle dut mourir
vers 1713, âgée de soixante dix ans, religieuse depuis un demi-
siècle, tandis que son père était mort assez jeune en 1689, dans
sa maison.de Bellecour.
Nizier n'oublie point de suivre jusqu'au bout les destinées de
la congrégation des Ursulines, et il nous renseigne exactement sur
deux autres monastères qu'elle avait institués à Lyon, l'un sur la
eolline de Saint-Just en 1533, et l'autre en 1673, à la montée