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                   UN HUMORISTE LYONNAIS                          277
  Saint-Barthélémy. La Révolution, plus tard, vint disperser les reli-
  gieuses et vendre les biens des couvents; mais, dès 1795, les
  Ursulines de Lyon avaient rouvert un pensionnat. En 1805, elles
 s'installèrent à la Guillotière, se transportèrent, en 1807, à la rue
 de la Charité, et, en 1811, y achetèrent l'hôtel ViJleroy.où, depuis
 1734, demeuraient les gouverneurs de Lyon, précédemment logés
 dans une maison du quinzième siècle qui existe encore sur la rive
 droite de la Saône. Elles y restèrent jusqu'en 1825; c'est alors
 qu'elles quittèrent ce quartier pour aller s'établir au petit Sainte-
 Foy, en un site plus salubre, dans l'ancienne maison de campagne
 des Trinitaires, où elles continuèrent â prospérer, ayant vendu,
 quinze fois plus cher qu'elles ne l'avaient payé, quinze années
auparavant, l'hôtel Villeroy, qui devint, à cette date, l'hôtel de la
Monnaie de Lyon (supprimée vers 1860), passa, en 1863, aux reli-
gieuses de l'Adoration réparatrice et fut affecté, en 1875, défini-
tivement (si quelque chose peut être définitif en notre siècle), à
l'école de Commerce. Depuis l'institution des Ursulines en France
par la mère de Bermond, cet ordre n'a cessé d'être florissant et
l'on n'exagérerait nullement en comptant, à l'heure qu'il est, plus
de cent dix couvents qui s'y rattachent, sans parler des bran-
ches séparées de l'arbre commun, et, comme ils sont légalement
autorisés, rien ne fait prévoir de si tôt leur décadence. On voit
que l'esprit du dix-neuvième siècle, quelque sceptique qu'il soit,
à du moins, sauf de rares et regrettables exceptions, le mérite
de la tolérance.




   Ce n'est pas aux lecteurs de la Revue lyonnaise qu'il est utile
de rappeler plus longuement les qualités de Nizier (dit Valère) ou
de Valère (dit Nizier). Ses patientes recherches sur l'origine de
quelques locutions locales et son excellent travail sur Benoît
Poncet et la part qu'il a prise aux grands travaux publics,
exécutés en cette ville, les ont suffisamment édifiés à cet égard.
C'est pour les autres, pour ceux qui, par hasard le connaîtraient
moins, que j'ai songé à examiner de près et à apprécier en toute
conscience un homme d'esprit et de cœur qui fait honneur à sa