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108 LA R E V U E LYONNAISE rues Basse-Grenette, Tupin, Ferrandière et Thomassin, dans une longueur de 15 mètres de chaque côté du terrain à ouvrir. Les entrepreneurs cédèrent à la ville une surface totale de 2959 mètres 23 d dont 2 670 mètres 29 d . pour la rue Centrale, à raison de 525 fr. l'un, produisirent 1 401 902 francs 25; et 288 mètres 94 a. pour les rues latérales, à raison de 500 francs, produisirent 144 470 francs. Total, 1 546 372 francs 25. Aujourd'hui, lorsque vous parcourez les quartiers des Brotteaux et de la Guillotière, vous rencontrez de temps en temps d'immenses emplacements où se voient alignés avec soin, ici des tuiles ; des pierres de taille : crosses, lancis, piliers ; couvertes, etc.; là , sous des hangars, les menuiseries : vieilles croisées, vieilles portes, vieilles boiseries, vieilles devantures; plus loin encore, les som- miers, les tras, les pièces de charpente, les escaliers tout montés, enfin le bois artisonné, les débris employés à brûler, etc. Ce sont les chantiers « des marchands de démolitions, » les regrolleurs ou mieux les « revendeurs de gages» du bâtiment. Là viennent s'ap- provisionner les petits constructeurs : ceux qui bâtissent sur le ter- rain, des hospices, les modestes propriétaires de campagne, etc. Au temps delà rue Centrale, rien de tout cela n'était connu. On a aujourd'hui quelque peine à croire qu'une des épines de l'entre- prise, ce fut la difficulté de trouver des ouvriers pour démolir. Enfin l'industrie du démolisseur se créa peu à peu. Murât, de la Quarantaine, fut, je crois, celui qui tira principalement d'embarras Poncet et Savoye. S'il était encore d'usage, comme au temps des héros d'Homère, de qualifier les hommes par des surnoms, Poncet ne serait connu que sous celui de « la Terreur des expropriés ». Un vieil auteur goguenard dit qu'en ce bas monde, fors en femmes et en chevaux, il y a tromperie partout. Il ne connaissait pas l'expropriation. C'est encore plus avec les locataires que s'établit la lutte qu'avec les propriétaires. Bien davantage, en effet, les indemnités locatives