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voit point, comme la Chambre, tous les quatre ans tomber dans le néant
tout ce qui n'a pas été voté au moment où la législature prend fin. C'est une
lessive peut-être excessive car, par ainsi, beaucoup de travaux importants
sont abolis qui mériteraient un meilleur sort. Pour éviter cela, on a proposé
de renouveler la Chambre par tiers, comme c'est la règle pour le Sénat.
      Il est une loi qui échappe aux règles que je viens d'exposer et pour la
confection ou la modification de laquelle une procédure plus solennelle est
employée. C'est la loi constitutionnelle, celle qui établit le régime politique
et règle le fonctionnement des pouvoirs publics. Elle a été votée en 1875
par une assemblée nationale et seule une assemblée nationale pourrait
l'amender. L'assemblée nationale est composée du Sénat et de la Chambre
des députés siégeant, délibérant et votant en commun.
      J'en ai fini avec l'exposé des procédés actuels de la fabrication des lois.
Peuvent-ils être améliorés ? Evidemment. Je crois d'abord qu'il y a, dans
l'atelier législatif, beaucoup trop de gens, et que si on réduisait assez nota-
blement le nombre des ouvriers la besogne se ferait avec moins de bruit,
plus de méthode et de précision. Puis il faudrait que toute la France fût,
par une véritable et complexe représentation, appelée à participer au labeur
d'où dépendent ses destinées. Il y a déjà pas mal d'années, un président du
Conseil constitua une grande commission chargée d'étudier le problème de
la natalité. J'en faisais partie, et, à la séance d'ouverture des travaux, nous
nous trouvâmes près de 200 réunis au conseil d'Etat, nul ministère
n'ayant une salle assez vaste pour tout ce monde. L'abbé Lemire était à
côté de moi. Après le discours de bienvenue du président, il demanda la
parole et, jetant un regard sur l'assistance, dit simplement : « Nous allons
parler de natalité et d'enfance, or je constate qu'il n'y a ici qu'une robe,
c'est la mienne. Des femmes cependant nous guideraient utilement dans
notre tâche ». Le brave abbé Lemire se rassit et, à la séance qui suivit, il y
eut d'autres robes que la sienne. Je suis sûr que, dans un délai qui n'est
plus très éloigné, il en sera de même au Parlement en passant peut-être, et
cela est désirable, par l'étape des conseils municipaux. Ce sera un progrès
de justice et de raison que, malheureusement, la France fera presque la
dernière. On peut facilement plaisanter à ce sujet. Je le tiens pour un des
plus graves qui soient. Dans la nation, la femme a à jouer le rôle complé-