page suivante »
— 287 —
mentaire qu'elle joue dans la famille. Un pays, c'est un grand foyer : pour-
quoi priver son administration du concours des femmes, qui ont, précisé-
ment parce que ce sont des femmes, des qualités, des compétences, des
préoccupations maternelles et autres que n'ont pas et ne peuvent pas avoir
les hommes, tout simplement parce que ce sont des hommes. Voyez comme
ceux-ci ont été faibles ou maladroits en face des fléaux qui déciment l'hu-
manité : l'alcool, la dépopulation, la guerre. Si les femmes, ouvrières de la
vie, avaient dans la société et dans le monde la part légitime de conseil, de
direction à laquelle elles ont droit, est-ce qu'en vérité elles ne mettraient
point une force nouvelle bienfaisante au service d'un avenir meilleur ?
Enfin, pour qu'une loi soit bonne, il faut qu'une opinion publique
éclairée la prépare. Le Parlement ne fait guère œuvre d'imagination. Les
réformes sont sollicitées de lui par les faits et la volonté collective plus
qu'elles ne sont imposées par lui. Certes, il a pris souvent des initiatives,
mais elles ont plutôt une vertu d'éducation, de propagande d'idée qu'une
action rapide de réalisation. Et si elles aboutissent parfois, elles sont lentes Ã
entrer dans les mœurs et à produire leur effet. J'en conclus que, pour avoir
de bonnes lois, il ne suffit pas d'en bien choisir les ouvriers, mais il faut
qu'une opinion publique attentive à l'intérêt général et agissante dégage les
problèmes, indique les solutions, impose les principes à codifier. Le vrai
pouvoir législatif n'est pas au Parlement, il est dans le pays. Et rien n'est
plus dangereux pour son avenir que son abdication ou son indifférence en
ces matières.
Justin GODART.