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s'harmonisant point avec elles autant qu'il le désirait, Perrin entreprit de rechercher dans les ateliers des fondeurs de cette ville des types à son goût ; il trouva chez Rey des séries de lettres de bas de casse, qui lui parurent réali- ser son idéal ; c'étaient des « elzevier » abandonnés depuis de bien longues années ; l'édition, par son archaïsme, obtint un grand succès de curiosité. Jules Claye fit le voyage de Lyon pour fouiller à son tour les mêmes ateliers, et il y découvrit aussi un certain nombre de matrices anciennes, au moyen desquelles il restitua plusieurs caractères de la Renaissance... Pendant vingt ans la typographie du dix-septième siècle eut la vogue ; les éditeurs ne rêvaient qu'« elzevier » pour les ouvrages de luxe et de fantaisie, quels qu'en fussent les auteurs, des écrivains modernes ou des écrivains anciens. Après 1871, il se produisit contre cette mode de rétrospectivité une énergique réaction, dont les témoignages publics éclatent à chaque Exposition univer- selle, en France et à l'étranger. Les types romains sont remis en faveur ; on revient résolument aux « jenson », aux « aide » et aux « estienne » ; les « didot » reconquièrent l'opinion, et des graveurs ingénieux créent avec un vif succès des types nouveaux... ». Je ne voudrais pas faire de la peine à M. Marius Vachon, lui faire l'injure de croire qu'il est — ou qu'il était — incapable de distinguer un elzévir d'un didot ; je préfère supposer qu'il n'a jamais ouvert les Inscrip- tions antiques de Lyon d'Alphonse de Boissieu ; tout de même, c'était une imprudence : ce livre est composé en didot ! Quant à l'opinion de M. Vachon sur la résurrection des « jenson », des « aide » et des « estienne » qui, dit-il, « reconquièrent l'opinion contre les let- tres du xviie siècle », ces estienne, ces aide et ces jenson, ce sont, ne lui en déplaise, encore des elzévirs, et combien plus anciens que ceux du XVIIe siècle ; ce n'est donc pas, comme il le croyait, contre « une mode de rétro- spectivité » que se fit la réaction des années qui suivirent 1871, elle l'aggrava. Et puis Perrin ne se contenta plus, bientôt, de ces élégantes lettres avec lesquelles il avait composé les titres de la Monographie de la Table de Claude et ceux des Inscriptions antiques ; bientôt il voulut avoir tout l'alphabet de bas de casse. Dessinés par lui, ciselés par Fugère, fondus par Rey sous la