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                          ET LE DIEU LUG                        169

a intitulé : Handhuch der deutschen Mythologie mit Einschluss
der nordischen.
   Ce n'est pas ici le lieu de faire un cours de mythologie
germanique. Je me bornerai à citer deux mots. Le nom des
dieux suprêmes en vieux Scandinave est âsir et ce nom est
identique à celui des dieux gothiques auxquels Jordanès
donne le nom danses (3); il se retrouve, avec les variations
d'orthographe que la phonétique exige chez les divers peuples
du monde germanique; de là, par exemple, chez nous, le
premier terme de plusieurs noms d'homme d'origine fran-
que; tels sont Anselme, c'est-à-dire Ansi-helm, « casque des
dieux, » Anségise, « javelot des dieux (4). »
   Le premier des anses est celui qu'on appelle en vieil alle-
mand, Wuotan, en vieux Scandinave, Odhinn. L'identité des
deux mots est établie (5). C'est le dieu germanique dont
les textes latins traduisent le nom par Mercurius. Les textes
fondamentaux ont été réunis par Jacques Grimm, dans sa
Deutsche Mythologie (6). Chose singulière, ce Mercure, ce
dieu sage, qui a l'expérience des arts (7), est en même
temps le grand ordonnateur de la guerre et des combats (8).
   Ainsi, la différence de langue, ou, plus exactement, les
variantes dialectales qui séparaient les Scandinaves des
peuples de la région appelée Germania par les Romains,
n'empêchaient pas les Scandinaves d'avoir une religion

  (3) Grimm, Deutsche Mythologie, pp. 22-23. Cf. Simrock, Handhuch,
pp. 158 et suivantes.
  (4) Grimm, Deutsche Gramnmtik, t. II, p. 447.
  (5) Schade, Aît-deutsches Woerterbuch, 2' édition, 1872-1882, p. 1215.
  (6) Troisième édition, pp. 49, 108-110.
  (7) Der kunslerfahme Gott. Grimm, Deutsche mythologie, p. 121.
  (8) Ordner der Kriege und Schlachten. Grimm, ibid., p. 121, Cf. Sim-
rock, Handhuch, p. 189 et suivantes.