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IJO LA NATIONALITÉ CELTIQUE dont les traits fondamentaux se retrouvent chez les peuples de la Germanie. Mon opinion est que les Irlandais sont avec les Bretons et les Gaulois dans le même rapport que les Scandinaves avec leurs voisins méridionaux, Saxons, Goths, Francs et les autres peuples du groupe germanique. A cette doctrine quelle objection? Les Irlandais n'étaient point Celtes, dit M. Allmer, mais M. Mommsen, sur l'au- torité duquel il prétend s'appuyer, n'a rien avancé de pareil. Il connaît trop bien, par l'extérieur sans doute et sans y avoir pénétré, les travaux allemands sur les langues cel- tiques depuis trente ans, pour ne pas savoir que ces travaux ont précisément l'irlandais pour base. Mais s'il a vu par le dehors l'édifice imposant déjà qu'a élevé le glorieux labeur de Zeuss, de Windisch et de leurs élèves, il n'a pas pénétré dans le sanctuaire; un autre ministère le retenait dans un autre temple et voilà comment l'existence du druidisme en Irlande lui est restée inconnue. Il n'a pas lu le texte hagio- graphique qui nous montre au Ve siècle saint Patrice com- battant en Irlande les « druides au cœur dur » : druide dur- chride et établissant malgré eux le christianisme dans cette île (9). Il n'a pas étudié le grand texte épique du Tâin-bô Cûaiîgne, qui nous montre à côté du roi Conchobar un druide entouré de cent disciples. Le dictionnaire irlandais de M. Windisch, dans l'article qu'il a consacré au mot drui, génitif druad, datif druid, donne trente-quatre exem- ples de ce mot d'après des textes épiques ou hagiographiques irlandais, et il est bien loin d'avoir épuisé ce sujet. La vérité est que, nulle part, les textes relatifs à l'histoire ro- maine, si bien connue de M. Mommsen, ne parlent de druides irlandais. Le fait s'explique très bien, puisque les (9) Hymne de Ninine, chez Windisch, Irische Texte, p. 23.