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LES CHASSEURS DE RENNES. 309 Je fis signe que j'étais loin de partager l'enthousiasme du docteur. — Profane ! vous ne voyez donc pas que vous avez mis la main sur une station archéologique du plus haut inté- rêt et qu'il en peut sortir des merveilles pour la science de l'Homme ! A en juger par la forme et par les types des silex, nous sommes là en plein âge quaternaire et à cette époque que M, Lartet a appelée le premier âge du Renne, déjà signalépar le savant professeur français à Laugerie- Haute, en Périgord et par M. Ed. Dupont, à Pont-à -Lesse, en Belgique. L'homme habitait alors le Maçonnais, sous un climat froid, presque glaciaire, en même temps que le renne, le mammouth, le tigre, l'ours, l'hyène, l'aurochs, etc...., tout un monde d'animaux éteints ou qui ne vi- vant plus maintenant que dans les régions polaires. Ces fragments de silex, que vous regardez d'un œil dédai- gneux, étaient les seuls outils connus à cette époque pri- mitive où l'on ignorait encore l'usage des métaux. Com- prenez-vous maintenant quel intérêt s'attache à votre découverte ? — Vaguement, cher docteur. — Mais enfin, avez-vous jamais entendu parler de ce inonde mystérieux dont je vous fais saisir les traits principaux ? — Un peu depuis quelque temps. Mais j'avoue que les auteurs classiques qui m'ont instruit de nos origines na- tionales gardent le plus profond silence sur tout cela. Sans quelques articles de revue et surtout sans les conversa- tions du savant Dr Lehmwaser, de Berlin, avec qui j'ai passé une saison à Nice, l'hiver dernier, je n'en saurais pas le premier mot. — Eh bien! vous le voyez ! vous avez là des matériaux