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                     DU CULTE DE SAINT JEAN.                       ft»0



                                 III.

      Pratiques superstitieuses jointes au feu de la Saint-Jean.

    Dans le chapitre du catéchisme deMeaux que nous avons déjà
  cité, Bossuet, après avoir posé cette question : « Quelles sont
 les superstitions pratiquées au feu de la Saint-Jean? » répond
 ainsi : « Danser à l'entour du feu, jouer, faire des festins, chan-
 ter des chansons déshonnêtes, jeter des herbes par-dessus le feu,
 en cueillir avant midi, ou à jeun, en porter sur soi, les conserver
le long de l'année, garder des tisons ou des charbons de feu, et
autres semblables. »
    A. cette énumération, il faut ajouter une pratique qui, presque
partout, est l'accessoire desfeux de la Saiut-Jean, c'est-à-dire, le
saut ou le passage à travers les flammes. Cette dernière supers-
tition n'est pas une des moins remarquables et prêterait à de
longs développements.
   Dans les religions de l'antiquité, le feu et l'eau sont les prin-
cipes par excellence. L'initiation aux mystères de Bacchus était,
à Athènes, accompagnée de purifications par l'eau, le feu et l'air,
et la mythologie grecque nous apprend que Cérès, voulant as-
surer l'immortalité à Démophon, le fit passer dans les flammes,
comme Thétis avait fait pour son fils Achille. En interrogeant
la Bible, nous voyons, au chapitre XVIII du livre II des Para-
lipomènes, que le roi Àchaz fit passer ses enfants par le feu, se-
lon la superstition des nations que le Seigneur fit mourir à l'ar-
rivée des enfants d'Israël
   Théodoret, évêque de Cyre, en Syrie, qui écrivait au Ve siècle
un commentaire sur les livres saints, dit, àpropos d'un passage
du quatrième livre des Rois, qu'il avait vu dans quelques villes
allumer, une fois l'an, sur la place publique, des bûchers à tra-
vers lesquels sautaient les adolescents et les hommes eux-mê-
mes ; les mères, ajoute-t-il, exposaient de leurs propres mains
leurs nourrissons à la flamme,et une pensée d'expiation, de purifi-