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                HISTOIRE LITTÉRAIRE DE LYON.             215

                      CHAPITRE III.
          3° Typographes. — Correcteurs. — Libraires.

   Josse Bade, qui enseigna à Lyon les humanités dès
1494 jusqu'à son départ pour Paris en 1501, appartient
plus aux littérateurs du quinzième siècle qu'à ceux du
seizième.
   La contrefaçon scandaleuse des éditions aldines par les
imprimeurs lyonnais Balthazar, Guillaume Huyon, et Jac-
ques Myt, encouragés, dit-on, par les typographes Juntes
(Giunti), de Venise, peut-elle justifier honorablement le
talent de ces industriels comme savants ? On- hésite à se
prononcer favorablement. Le manuscrit de M. Dulon nous
apprend que ces imprimeurs-négociants,       un peu pirates,
ont été jusqu'à profiter d'un monitum fait par Manuce Aide,
pour rectifier les fautes commises, dans les éditions ita-
liennes ou lyonnaises, des ouvrages latins imprimés sous
son nom. Cela peut faire présumer que les connaissances
des imprimeurs lyonnais n'étaient pas suffisantes pour
rectifier, par eux-mêmes, les défectuosités qu'ils avaient
commises. On aurait préféré trouver ailleurs des modèles
mieux famés, plus doctes ou plus érudits.
   On aurait voulu que les ouvrages du typographe émérite
Nicolas Bacquenois eussent été analysés ; on n'a pas in-
diqué même le titre de ces œuvres. Sans doute, alors comme
aujourd'hui, les imprimeurs, les correcteurs et les libraires
devaient être instruits; beaucoup étaient de savants litté-
rateurs; mais l'auteur du manuscrit semble s'être montré
trop facile en citant cette pléiade de typographes, dont il
s'est plu à faire connaître les devises ou marques plus or-
gueilleuses que littéraires.
   La célébrité s'est attachée, avec justice, au nom de Sé-
bastien Gryphe, polyglotte, et à celui d'Etienne Dolet, dont
la fin fut si déplorable en 1546 ; mais ce sont là des excep-
tions, et l'on aurait désiré une appréciation particulière