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140 LÉGENDES DE LA VILLE D'ARS.
grossi par de nombreux affluents, devient une rivière impo-
sante, telle, à travers les âges r notre légende,
d'abord rumeur légère,
Pelit vent qui rase la terre,
Se dresse, s'enfle en grandissant
Je veux donc la prendre à son berceau pour la conduire
pas à pas jusqu'à la tombe, dans laquelle j'espère, sans trop
de présomption, l'enterrer définitivement.
1116. Les origines de la Sylve-Bénite sont bien modestes :
ce sont les Annales des Chartreux (1) qui nous les four-
nissent, sous la date de l'année 1116 , époque de la fonda-
tion de cette maison, la 3 e de l'Ordre. Ce fut d'abord une
pauvre cabane sur un domaine de peu d'étendue (in lare
paupere etfarre tnodico), et elle n'eut pas d'autres fonda-
teurs que les Chartreux eux-mêmes. Les premiers habitants
de cette sainte demeure vécurent ainsi dans la plus grande
1167. pauvreté, mais riches de la proteciion divine, jusqu'en 1167,
où l'empereur Frédéric Barberousse leur éleva, sous le nom
de Sainte-Marie de la Sylve-Bénite, une nouvelle demeure
qu'il dota si généreusement, que l'on peut dire avec justice
qu'il en fut le véritable fondateur (ut mérita ejus fundator
dicendus sit). Cette fondation avait eu lieu à la sollicitation
pressante de Terric, que les uns disent son fils naturel, les
autres seulement un prince de son sang. Le fait est que la
charte même de la fondation n'est pas très-explicite à cet
égard, car le grand empereur ne s'y sert que d'un terme
(1) Annales Ordinis Cqrtusiensis, Ms. de laBibl. de Grenoble, t. n,p. 131.
c i t . iv, p. 278.
V. la Pièce, justificative A..
J'aurais pu introduire dans mon travail quelques citations nécessaires
mais un peu longues. J'ai préféré les donner à la fin de cel écrit sous le
titre de PIÈCES JUSTIFICATIVES, afin de ne pas faire languir une analyse dont
l'allure doit être vive et dégagée de toute parenthèse inutile.