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                           LÉGENDES DE LA VILLE D'ARS.                     4 44

        assez vague:. « Terricum carissimum et jidelem uostrum de
        PROGENIE nostrâ oriundum. » Quoi qu'il en soit, Terric avait
        pris l'habit de Chartreux ; *et sa piété , autant que son
        illustre origine, lui ayant gagné la confiance et la vénération
        de tous, il fut, en maintes circonstances , désigné comme
        arbitre pour terminer des différends ou remplir des missions
        importantes.Notons en passant que les annales des Chartreux
        ne parlent qu'avec une extrême réserve des privilèges dont
        l'Ordre fut doté par les papes a l'instigation de Terric, et de
        l'étendue territoriale de la Sylve à cette époque : « Ab ipsis
        pariler summis pontificibus privilégia obtinuit (Terricus) el
        prœserlim exemptiones à solulione decimarum. et CONFIRMA-
        TIONES TERMWORUM SILE DOMCS. » Puis, vient le dénombre-
        ment des bienfaiteurs de la nouvelle maison , à la tête des-
        quels, après Frédéric, se trouve placé Humbert, comte de
        Savoie, qui dédit villam de Ars.
            Tels sont l'origine historique de la Sylve-Bénite et le pre-
        mier document dans lequel la Villa de Ars se trouve men-
        tionnée. C'est là la part de l'histoire ; faisons maintenant
        celle de la légende.
             Sortie, probablement comme tant d'autres traditions, de
         l'ignorance et de la barbarie des uns, de l'intérêt et de la
         politique des autres, ce n'est que vers le milieu du XVIe siè-
         cle, — 400 ans après la fondation de la Sylve, —que nous
        la voyons apparaître ; et n'oublions pas que c'est Aymard
 XVIe du Rivaii (1) qui nous transmet ses premiers vagisse-
siècle, ments, Aymar du Rivaii , l'éditeur-né de toutes les fables
         qui avaient cours à cette époque et de toutes les erreurs,
         partagées du reste par ses contemporains. Cet auteur ,
         s'écartant déjà du récit des Annales , rapporte a l'em-

            (1) De Allobrogibus. Édit. de M. de Terrebasse; Lyon, Pétrin , 1844,
         p. 22.