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444                         POÉSIE.

      Et vois-tu dans les champs de l'Afrique vaincue,
      Sur ces riches coteaux couverts de bataillons,
      Se promener déjà la fertile charrue,
      A l'Arabe étonné présentant ses sillons ?



      Et vois-tu, noble orgueil de notre belle France,
      Ces magiques vaisseaux, plus grands que des palais,
      Liant incessamment l'Afrique et la Provence,
      Rois et dominateurs de l'Océan français ?



      C'est là que sont nos vœux, là que notre patrie
      Repose désormais ses regards triomphants ;
      Et, comme un lait que donne une mère chérie,
      De gloire et de dangers veut nourrir ses enfants.



      — J'ai vu, le front souillé, la grande Rabylone
      Soulever les méchants et sourire à leur voix ;
      Son bras des temples saints ébranlait la colonne,
      Et sa main s'étendait sur la tête des rois.



      — La France est une^femnie au magique sourire ;
      L'Europe sait le poids de son bras tout-puissant ;
      Mais quand un sein fécond s'entr'ouvrc et se déchire,
      Quelle femme n'a pas un long tressaillement ?



      Nous la vîmes alors ; elle agitait ses armes,
      Menaçant son enfant, sa vie et sa beauté ;
      Et cet enfant venu dans le sang et les larmes,
      Ami, tu le connais, c'était la Liberté.



      C'était la Liberté que Dieu créa si belle
      Qu'il en fit don*à l'homme en échange des cieux ;
      La grande Liberté qui gardait sous son aile
      Cet homme qu'un autre âge eût mis au rang des dieux.