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POÉSIE, 445 — Comment est-il tombé cet homme sanguinaire Dont les vers aujourd'hui forment le vêtement ? Il avait mis son trône au-dessus du tonnerre, Et la foudre disait : J'obéis à l'instant. Depuis qu'il est tombé, le monde est dans la joie, Le zéphir est plus doux, l'insecte est plus joyeux ; Et le faible roseau qui se courbe et qui ploie, Lève avec plus d'amour sa tête vers les cicux. — As-tu vu l'ouragan déchaîné dans la plaine, Roulant les toits de chaume enlevés dans les airs 1 C'est Dieu qui lui donna cette rapide haleine Qui doit d'un pôle à l'autre assainir l'univers. L'ouragan a passé sur la terre flétrie Laissant plus d'un débris pour marquer son chemin, Mais, ainsi qu'au printemps, je la vois refleurie Du Nil au Capitole et du Tage au Kremlin. Jamais cette beauté qu'on appelle la France N'a montré plus d'ardeur, de jeunesse et d'éclat, Plus pure en ses pensers, plus fière en sa croyance, Plus avide de paix, quoique prête au combat. Et je venais à toi, comme ami, comme frère, Te dire : Unissons-nous par un serment d'amour. Laissons là le passé, notre antique colère, Et ces jours de fureur oubliés sans retour. Donne-moi cette main, elle frémit encore ; Repose sans trembler appuyé sur mon cœur ; Et demandons au Dieu qu'ainsi que toi j'adore Pour nos enfants chéris la paix et le bonheur.