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DE L'EXCLUSIVISME EN ARCHÉOLOGIE. 465
delà nef principale, l'emploi indispensable d'élais en pierre
permanents.
Ce système d'étayement extérieur aux flancs de nos ca-
thédrales a été jugé fort diversement par deux camps op-
posés ; tandis que les partisans de l'école grecque ne voyaient
là qu'un barbare expédient qui dénotait l'enfance de l'art et
l'infériorité des édifices gothiques sur ceux de l'antiquité,
les enthousiastes admirateurs du style ogival trouvaient, au
contraire, dans ces membres d'architecture, la preuve évi-
dente d'un savoir en construction qui n'avait jamais été égalé
jusqu'alors par aucun peuple.
De part eî d'autre, les jugements ont été exagérés; et
s'il est vrai de dire que ces butées extérieures ont été un
ingénieux moyen de donner aux églises de celle époque un
aspect grandiose et imposant, il faut convenir, néanmoins,
que c'est là un des côtés attaquables des constructions ogi-
vales. Mais nous aurions (ort de ne juger de cet art qu'au
point de vue actuel de positivisme, car 1 architecture gothi-
que n'avait qu'un but: celui de parler aux yeux et à l'ima-
gination par des moyens de statique surprenants qui ne
devaient sembler tenir que du prodige et du tour de force.
On ne s'explique pas autrement ces plans de nos basili-
ques, composés de collatéraux très-bas et d'une nef centrale
démesurément élevée, qui ne peut se maintenir debout qu'Ã
la condition d'être épaulée par toute une construction exté-
rieure fort coûteuse, n'ajoutant rien au développement utile
de l'édifice et constamment exposée aux plus graves dété-
riorations.
Les principes archéologiques, on le voit, nous ont acculés
dans une impasse et nous ont mis dans la triste alternative
ou de nous mentir à nous-mêmes, dans nos constructions re-
ligieuses, ou d'adopter franchement les moyens puissants,
mais dispendieux en pure perte, de l'art ogival.
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