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194 _ ÉLOGE DE C. BONNEFOND.
La Chambre à louer est le plus curieux modèle de la
première manière de Bonnefond et le dernier ouvrage qu'il
ait fait dans ce genre avant de partir pour Rome. Il est in-
téressant pour le Musée de notre ville d'avoir a côté l'un
de l'autre le tableau qui lui fit reconnaître la nécessité d'é-
tudes plus sérieuses en Italie et celui qui est le plus beau
résultat de ces mêmes études ; c'est en efiet dans M Eau
sainte que le peintre a montré toute l'étendue de son mé-
rite, et où l'on peut admirer a la fois la majesté de la
scène, la vérité solide de l'expression et le charme de la
couleur.
Outre les tableaux dont nous avons parlé et dont nous
donnons la liste ci-jointe, Bonnefond a exécuté a Lyon près
de soixante portraits dans sa dernière manière et dont plu-
sieurs sont des œuvres d'une véritable importance. Un cer-
tain nombre d'entre eux ont été exposés, leur ressemblance
jointe a la richesse du coloris et a une brillante exécution,
doit les classer parmi les œuvres qui concourent a la gloire
artistique de leur auteur.
Bonnefond a joui durant sa vie de toute la considération
que donne le talent. Ses œuvres furent acquises par les
princes, les rois et les plus hauts personnages. Recherché
dans le monde a cause de son esprit naturel et de son
mérite personnel, il y était reçu avec distinction. Homme
de cœur et d'énergie, bon époux, excellent père, plein de
reconnaissance pour un service rendu , il est sincèrement
regretté de tous ceux qui l'ont connu. La franchise de son
caractère lui avait fait beaucoup d'amis qui conserveront
toujours de lui un affectueux souvenir.
Bonnefond était exempt de cette rivalité mesquine que les
succès engendrent trop souvent; estimant le talent des au-
tres il leur rendait parfaitement et publiquement justice. Il
honorait la science et conservait avec un religieux souvenir