page suivante »
ÉLOGE DE C. BONNEFOND. 193 ce qui pouvait avoir appartenu a ces hommes d'e'lite. Il avait pour la mémoire de notre grand peintre de fleurs, Antoine Berjon, toute l'estime et la considération dues a ce talent si supérieur. Il faisait remarquer à ses élèves ce qui consti- tuait le haut mérite de cet artiste renommé , la science dans le dessin. Il avait acquis la boîte a peinture de ce maître et s'en servait habituellement, la rendant ainsi dou- blement précieuse puisqu'aujourd'hui elle rappellera le sou- venir de deux grands talents. Ainsi qu'Antoine Berjon, ainsi que Yibert, Bonnetond laisse un nom qui ne périra pas. Sa mémoire sera toujours en hon- neur, h Lyon surtout. Notre École des Beaux-Arts n'oubliera jamais, nous l'espérons, qu'elle lui doit son plus brillant suc- cès dans la capitale. C'est a lui qu'elle est redevable d'avoir eu, pendant vingt-sept ans, l'enseignement de Vibert, avan- tage inappréciable dont lès résultats glorieux seront toujours vivement sentis. Bientôt un monument s'élèvera a la mémoire de notre con- frère, il rappellera en même temps le talent du peintre, le zèle et l'habileté du professeur, et surtout les immenses services que le directeur a rendus a l'École de Lyon. Élevé par les artistes, par ses amis, par ses élèves, ce ne sera point un monument d'une vaine ostentation, mais bien un témoignage d'une vive et sincère affection. L'École des Beaux-Arts de Lyon conservera religieuse- ment la mémoire de Vibert et de Bonnefond. Elle se sou- viendra toujours qu'elle leur doit cette réorganisation qui lui a- assuré le rang qu'elle occupe aujourd'hui, et, se rappe- lant avec quels soins, quelle sollicitude ils ont veillé a ses plus chers intérêts , elle inscrira dans ses Annales avec autant de reconnaissance que d'orgueil ces deux noms dé- sormais inséparables, et les unira au foud de son cœur dans un même sentiment d'affection.