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246            EMPLOI DES BIENS ECCLÉSIASTIQUES

On voit a quel usage les dîmes ecclésiastiques étaient consa-
crées : a l'usage des pauvres et a la rédemption des captifs.
Parmi ces captifs, il y en avait au loin entre les mains des
peuples barbares, il y en avait tout près dans la personne des
serfs appartenant aux Juifs. Le 1 er concile de Màcon, canon
XVI, ordonnait de les racheter, et fixait d'office à douze
sous le prix du rachat.
   Monsieur Guérard s'arrête dans ses citations à la fin du
VIIIe siècle. Il serait facile de faire voir que le zèle de l'Eglise
ne s'éteint point à cette époque. « Nous ne pouvons, dit
« Mabillon, à la fin du IX siècle, nous ne pouvons passer
« sous silence ce que l'auteur de la vie de saint Rambert
« rapporte de son zèle pour la rédemption des captifs. Après
« y avoir dépensé tout ce dont il pouvait disposer, voyant
« encore une multitude de captifs aux mains des infidèles,
« il n'hésita pas a vendre pour les racheter les vases sacrés
« des autels. Quelqu'un voulant lui en faire un crime, il
« répondit: Je n'ignore point qu'on doit traiter avec toutes
« sortes de respect tes choses qui servent aux saints offices;
« et qu'elles sont l'objet d'une grave responsabilité. Mais il
« y a moins de mérite a les conserver fidèlement qu'a s'en
« servir pour arracher les chrétiens aux angoisses de la
« captivité. C'est pourquoi, n'ayant plus rien a employer,
« je crois faire acte de piété en rachetant avec les trésors
« de l'église, un chrétien qui est fils de Dieu. Nous retrou-
« verons toujours ce qui est indispensable pour l'exercice
« du ministère sacré ; c'est une perte irréparable que celle
« d'un chrétien dont la foi succomberait aux douleurs de la
« captivité. »
  Admirables sentiments qui furent ceux de saint Ambroise,
qui seront ceux de saint Odillon de Cluny ; disons mieux,
qui ont toujours été ceux de notre mère la sainte Eglise !—
Rambert rencontra un jour une religieuse qu'on emmenait