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                             AU MOYEN-AGE.                             247

en captivité. D'un regard et d'une prière, il brise la chaîne
qu'elle avait au cou, et qui tombe à terre. Et il la rachète
en donnant le cheval qu'il montait.

                                 XVIII.

   Enfin il n'est pas jusqu'aux grands coupables qui n'aient
trouvé en l'Eglise un refuge et un appui au jour du malheur
et du repentir. Et qu'on ne dise point qu'il y a eu usurpation
des droits civils. L'Eglise était alors lacité; et toutes ces lois
humanitaires avaient le concours et la sanction du pouvoir
royal, depuis Constantin , jusqu'à Charlemagne , jusqu'à
François 1er (1).
   « Dans ces temps barbares, où l'offensé se faisait lui-
« même justice , où souvent une vengeance terrible et
« prompte suivait un tort assez léger, où la force était la loi de
« tous, et les sentiments d'humanité affaiblis, et même
« éteints, dans le cœur du plus grand nombre, il était bien
« que l'Eglise pût accueillir et mettre en sûreté chez elle
« le malheureux qui venait lui demander un refuge, afin de
« donner à la colère le temps de se calmer et de soustraire
« le faible et le pauvre à l'oppression de l'homme puissant.
« Les asiles qu'elle tenait continuellement ouverts étaient
« moins souvent alors des remparts pour l'impunité que
« des abris contre la persécution (2).
   « Cette triste ressource, dit judicieusement Bergier (3),
« n'a cessé d'être nécessaire que quand l'autorité de nos
« rois, la police des villes, la juridiction des tribunaux de
« magistrature ont été solidement établis. »

   (1) Bochelli Decrctorum, libr. IV. tit. 19 — Dccrctum Clolarii an, 595,
v. 13 dans Baluze.
   (2) Guérard, préface, p. XXVII.
   (3) Dict. de théologie, au mot asile,