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EMPLOI DES BIENS ECCLÉSIASTIQUES 245 « comme un butin entre les soldats, voyons-nous les évê- « ques épuiser leurs trésors pour les délivrer des liens de « l'esclavage. Saint Epiphane, évêque de Pavie, délivre, en « 494, dans les Gaules, par ses instances auprès du roi « Gondebaud, ou 'a prix d'argent, plus de six mille Italiens « que les Bourguignons retenaient en captivité. Le prêtre « saint Eptade, originaire d'Autun, rachète plusieurs milliers « d'Italiens et de Gaulois emmenés pareillement en escla- « vage par les Bourguignons, et ensuite une foule de « captifs que les Francs de l'armée de Clovis avaient faits « dans leur guerre contre les Visigoths. En 510, saint « Césaire, évêque d'Arles , distribue des vêtements et des « vivres à une immense multitude de prisonniers francs et « gaulois tombés au pouvoir des Gofhs, et les rachète « ensuite avec le trésor de son église, que son prédécesseur « Eonius avait amassé. Puis ayant reçu de Théodoric, roi « des Ostrogoths, trois cents sous d'or avec un plat d'argent « du poids d'environ soixante livres, il vend le plat, achète « la liberté des captifs dispersés dans l'Italie, et leur pro- « cure des chevaux ou des chars pour les ramener dans « leurs foyers. De même saint Grégoire-le-Grand fit rache- « ter des captifs italiens et des prisonniers d'Afrique. Dans « le siècle suivant , saint Eloi rachetait les prisonniers « saxons, et les affranchissait devant le roi par la céré- « monie du denier. » Nous n'avons pas voulu interrompre le savant éditeur du cartulaire de Notre-Dame de Paris, pour signaler un témoin domestique aussi grave que précieux. Nous lisons, en effet, dans les actes du second concile de Mâcon, canon 5e, les paroles suivantes : « Décimas ecclesiasticis famulanlibus « cœremoniis populus omnis inférât, quas sacerdotes in « pauperum usum, AUT CAPTIVORUM REDEMPTIONEM PROEROGANTES, « suis orationibus pacem populo ac salutem impetrent. »