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ÉLOGE DU DOCTEUR AMODIÉE BONNET. 48$
moderne. Mais s'appuyant sur les conceptions les plus
saines, il conteste aux sciences, pour le donner aux lettres,
le privilège d'exciter dans l'esprit de l'homme le sentiment
du bien moral. Votre mission, dit-il aux sciences, embrasse
le monde accessible aux sens, et tout ce qui touche aux
propriéte's des nombres et de l'espace. Mais la ve'rité morale
vous échappe. La conscience ne relève pas de vos chiffres
sublimes, mais ste'riles pour elle ; vos lumières sont sans
rayons comme sans chaleur. Que pouvez-vous donc pour
le bien? Cependant, dans le domaine du beau, frappé des
magnifiques impressions que la science communique, frappé
des enseignements révélateurs qui découlent des lois na-
turelles, découvertes et démontrées par elle, l'auteur s'arrête
indécis et n'ose plus prononcer. Son excellent esprit solli-
cité par des parties si puissantes ne cherche plus qu'à les
concilier, et il en appelle à la sagesse des pères pour con-
server à leurs fils par les lettres les vertus, par les sciences
les lumières.
C'est la même préoccupation morale que vous retrouvez
dans son discours sur V Oisiveté de la jeunesse dans les classes
. riches. Toujours cette jeunesse dont l'avenir l'intéresse si
vivement ! Quoi de plus éclairé par l'amour du bien public,
que les conseils qu'il lui donne dans cette œuvre dernière !
Il ne se borne pas à remuer ses plus nobles instincts, et
imitant un père éclairé qui saurait tirer parti des défauts
mêmes de son enfant, c'est au nom de cette vanité et de
cette ambition, ( qu'il signale comme des maux de notre
temps ), qu'il appelle la jeune génération aux travaux utiles
et rémunérés! Je ne m'étendrai pas sur une œuvre encore
présente a vos souvenirs. Vous vous rappelez le ton de
conviction qui l'anime. Emporté par l'ardeur qu'un pareil
sujet, sous sa plume, ne peut manquer d'exciter, l'orateur se
laisse aller a l'espérance d'exercer une influence heureuse