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186 ÉLOGE DU DOCTEUR AMEDÉE BONNET.
sur l'esprit de ses contemporains.... Hélas! ici , pas de
décret a rapporter. Ce n'est pas la raison d'un conseil su-
périeur d'instruction publique qu'il suffirait de convaincre,
c'est d'un siècle, emporté par ses passions, qu'il faudrait se
faire entendre... Victoire difficile et trop souvent rebelle aux
efforts du sage !
Vous me pardonnerez, Messieurs, de vous avoir rappelé
avec complaisance les travaux académiques de notre collègue
et de consacrer encore quelques mots a VEloge d'Alphonse
Dupasquier, qu'il prononça en séance publique, en 1849.
Dans ce discours dont la lecture est attachante, il amis ha-
bilement en relief les découvertes du chimiste, les travaux
utiles du médecin, les méthodes ingénieuses du professeur
de La Martinière, et l'on peut dire que le savant dont il parle
revit tout entier dans ce tableau. C'est avec le même bon-
heur que M. Bonnet sut vous retracer la bonté de Dupasquier,
ses qualités aimables, son désintéressement, l'élévation de
son esprit et la noblesse de son caractère. C'est la seule fois,
je crois, que M. Bonnet s'est essayé dans l'éloge, ce genre
si difficile de l'art d'écrire ; il y réussit pourtant par une
analyse sans sécheresse, par un style simple mais correct,
sobre mais animé. Il sut peindre sans ornement et louer
sans flatterie.
V.
Je viens, Messieurs, de vous rappeler les travaux de
notre collègue, ses inventions et ses doctrines, ses services
et ses succès. Si je n'ai pas lassé votre attention, permettez-
moi encore de porter un jugement d'ensemble sur cette
puissante individualité.
On doit reconnaître que M. Bonnet eut a un haut degré
le génie de l'observation, de l'analyse et de l'invention.